Non au rapatriement forcé des réfugiés bosniaques

Berne: Bilan annuel de Caritas Suisse

Berne, 15 mai 1997 (APIC) Plus de la moitié des pays où Caritas Suisse est active sont confrontés à la guerre ou à la violence. Le flot des réfugiés est devenu un des problèmes les plus graves de cette fin de siècle, a relevé jeudi à Berne Jurg Krummenacher. En 1996, Caritas a mis un accent particulier sur la Bosnie tant pour la reconstruction sur place, que pour le soutien des réfugiés en Suisse. Côté finances, l’oeuvre catholique d’entraide peut continuer à compter sur la générosité de la population et sur le soutien des pouvoirs publics.

Ces dernières années, le nombre des réfugiés dans le monde a atteint la barre des cinquante millions. Les pays pauvres d’Afrique et d’Asie sont le plus touchés. En 1996, ce sont les crises humanitaires qui ont surtout déterminé le travail de Caritas Suisse. En Ex-Yougoslavie, en Tchétchénie, au Nord de l’Iran et en Birmanie, Caritas a acheminé des vivres. En Bosnie et au Rwanda Caritas s’est engagée pour la reconstruction et la réintégration des réfugiés.

Caritas Suisse continue cependant à s’opposer au retour forcé des réfugiés de Bosnie a rappelé Barbara Walther, responsable du secteur migrations. Caritas ne peut accepter des retours forcés que lorsque la situation en Suisse ne pose pas de problème (formation, unité de la famille, soins médicaux) et que lorsque les conditions en Bosnie le permettent (lieu de provenance, sécurité, habitation, situation sociale).

Le phénomène de la migration est un problème qui devrait prendre ces prochaines années une importance toujours plus grande, estime Jurg Krummenacher. Au-delà des persécutions et des guerres, la dégradation de l’environnement, entraînant la misère sociale et économique forcent des populations entières à quitter leur pays. Les composantes écologiques comme la lutte contre l’érosion ou le reboisement ont pris une place plus importante dans les programmes de Caritas. La satisfaction des besoins de base permet en outre d’éviter que ne surgissent des conflits.

En Suisse, Caritas, en collaboration avec les Caritas régionales, et sur mandat de la Confédération et des cantons, concentre toujours l’essentiel de ses activités sur l’accueil des requérants d’asile et l’aide aux réfugiés. C’est ainsi qu’elle s’est battue par exemple contre l’initiative de l’UDC «contre l’immigration illégale» qui mettait gravement en danger le droit d’asile. «Nous refusons la tendance de faire de l’étranger un bouc émissaire», souligne Jurg Krummenacher.

Par l’organisation de forums, par sa participation au débat politique, par la publication d’études, Caritas entend également favoriser la réflexion sur le renouvellement du contrat social .en Suisse.

Au sujet de l’initiative pour l’interdiction d’exporter des armes soumise au peuple suisse le 8 juin, le comité de Caritas Suisse n’est cependant pas parvenu à s’entendre pour donner une recommandation de vote, admet Jurg Krummenacher. Caritas en collaboration avec l’Action de Carême et Mission OPM a publié une brochure rappelant les enjeux éthiques, politiques et économiques de ce vote. Mais certaines voix au comité ont estimé qu’une interdiction totale était une mesure trop extrême risquant de mettre inutilement en péril des places de travail en Suisse.

Côté finances tout va bien

L’exercice 1996 présente un bilan financier très satisfaisant. Pour 132,5 millions de francs de dépenses, Caritas Suisse enregistre des recettes de 136,5 millions. Les dons de particuliers ont atteint 23,2 millions de francs soit une augmentation de 10% par rapport à l’année précédente, due il est vrai surtout à quelques legs exceptionnels. Les dons d’institutions comme la Chaîne du Bonheur ou les organismes ecclésiaux se montent à 11,4 millions. Côté contributions publiques, – Confédération, cantons et communes – Caritas a touché 94,2 millions de francs dont 80 sont destinés à l’accompagnement et à l’intégration des réfugiés en Suisse.

9,96 millions de francs ont été investis dans l’aide en Europe, 7,57 millions en Afrique, 4,17 millions en Amérique latine, 3,76 millions en Afrique du Nord et au Proche-Orient, 2,82 millions en Asie. Quant à la promotion sociale en Suisse et en Europe (aide aux paysans de montagne, service des bénévoles, projets sociaux) elle a été soutenue par un montant de 7,49 millions de francs. (apic/mp)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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