La Convention de Bonn de 1931 n’est pas restée lettre morte

Berne: Catholiques-chrétiens et anglicans fêtent 75 ans de communion ecclésiale

Berne, 3 septembre 2006 (Apic) Le 2 septembre à Berne, l’Eglise catholique-chrétienne et les paroisses anglicanes de Suisse ont fêté les 75 ans de la convention de Bonn. Ce document, qui n’est de loin pas resté lettre morte, avait signifié un pas important dans la communion ecclésiale entre les deux Eglises.

«En Suisse, cette communion s’est mise en mouvement ces dernières années», affirme l’Eglise catholique-chrétienne dans un communiqué diffusé le 3 septembre. Ainsi, des conférences pastorales et des célébrations de services religieux ont été vécues en commun à la suite de la convention de Bonn, et des représentants des deux Eglises ont participé aux Synodes de l’autre Eglise.

Samedi, devant quelque 200 fidèles, l’évêque suffragant du diocèse anglican en Europe, David Hamid, a souligné les effets de cette communion dans sa prédication à l’église catholique-chrétienne Saints Pierre et Paul à Berne. Il a constaté que la Convention de Bonn de est devenue partie intégrante des deux Eglises. Il a ajouté que ce document représente davantage qu’une convention théologique. Il est un instrument qui sert l’unité de l’Eglise ce qui est le plan de Dieu pour toute la création. Dans cet esprit, les deux Eglises sont appelées à faire partie du team du Christ afin de construire ensemble le royaume de Dieu.

Au terme de la célébration, un pèlerinage a conduit les fidèles à l’église anglicane St. Ursula. La relation entre les deux Eglises a été rappelée par plusieurs intervenants.

Harald Rein (catholique-chrétien) a approfondi l’histoire précédant la Convention de Bonn. Dans les années 1880, l’Eglise suisse entretenait des contacts étroits avec les Eglises anglicanes tant en Angleterre qu’aux Etats-Unis. Ces dernières ont subi une crise dans les années nonante, après le fléchissement du mouvement anglo-catholique dans l’Eglise anglicane, la fondation de l’Union d’Utrecht et l’admission des Eglises vieilles-catholiques des Etats-Unis. Le mouvement pour la foi et la constitution de l’Eglise après la deuxième guerre mondiale a activé à nouveau les relations. Dans le mouvement, les deux Eglises remplissaient une fonction particulière de pont.

Respect et sensibilité, comme un couple dansant

La pasteure Maja Zimmermann (protestante) a décrit, à la lumière de son ministère à Berne, ce qu’avaient en commun l’Eglise catholique-chrétienne et l’Eglise anglicane et ce qui les différenciait. La Revd Adèle Kelham a comparé la relation entre anglicans et catholiques-chrétiens avec un couple dansant. Les deux partenaires devaient développer du respect et une sensibilité l’un pour l’autre si la danse doit être harmonieuse. Dans ce sens, la Convention de Bonn a défini les règles pour cette danse.

Gottfried Locher (protestant) a parlé de la crise de l’oecuménisme et de l’importance significative que les Eglises centrales, dont les Eglises anglicanes et vieilles-catholiques font partie, avaient dans l’oecuménisme international. Elles pourraient donner, en étant un modèle, une autre direction à la polarisation en augmentation.

La manifestation s’est terminée par un traditionnel Evensong à l’Eglises anglicane St-Ursula. C’est ici que le secrétaire général de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes, Collins Williams, s’est encore une fois adressé aux participants et les a appelés à être un exemple pour leur communion avec les autres Eglises et mettre un signe pour une Eglise plus globale dans le monde. (apic/com/bb)

3 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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