Mgr Kurt Koch est le nouveau président de la CES

Berne: Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (CES)

Berne, 7 septembre 2006 (Apic) Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, a été élu à la présidence de la Conférence des évêques suisses (CES). Agé de 56 ans, membre de la CES depuis dix ans, il en est le vice-président depuis neuf ans. Il succèdera dès le 1er janvier prochain à Mgr Amédée Grab, évêque de Coire âgé de 76 ans. Mgr Grab va également achever prochainement son mandat comme président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE).

Le nouveau président, pour le seconder au sein du présidium de la CES pour la période 2007-2009, aura à ses côtés Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, vice-président, et Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Mgr Kurt Koch est actuellement responsable des dicastères de l’annonce de la foi, du dialogue oecuménique et des rapports avec les religions non-chrétiennes.

Mgr Norbert Brunner, 64 ans, appartient à la CES depuis 1995. Il est membre du présidium depuis 2001. Il est actuellement responsable du département de la pastorale ainsi que de la diaconie, qui comprend notamment les oeuvres d’entraide. Mgr Bernard Genoud, 64 ans, est membre de la CES depuis 1999. Il est responsable actuellement des services et ministères ecclésiaux. Il partage également la responsabilité du département médias.

La 273e assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses s’est tenue du 4 au 6 septembre 2006 à Ascona à l’invitation de la «Fondation Beato Berno». Commentant la dernière visite «ad limina» en février 2005 – les évêques suisses présents à Rome n’avaient pu rencontrer Jean Paul II, hospitalisé à la polyclinique Gemelli en raison de graves troubles respiratoires le soir même de leur arrivée – Mgr Grab a rappelé qu’elle était ainsi restée inachevée.

Les évêques suisses n’ont plus eu l’occasion de faire cette traditionnelle rencontre avec le pape qui allait bientôt décéder. Raison pour laquelle les membres de la CES se rendront à Rome du 7 au 9 novembre prochain pour y être reçus par le pape Benoît XVI. «Nous le connaissons déjà depuis des années, car il y a une rencontre lors de chaque visite ’ad limina’ avec le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et c’était alors le cardinal Joseph Ratzinger, l’actuel pape!»

Les évêques inquiets de l’émigration chrétienne au Proche-Orient

Les évêques suisses suivent avec inquiétude les événements au Proche-Orient – la guerre du Liban, la situation précaire en Terre Sainte, Palestine et Israël -, a souligné jeudi à Berne l’abbé Felix Gmür, secrétaire général de la CES. Il a souligné la nécessité de se montrer solidaire avec les populations, et en particulier avec la communauté chrétienne de cette région, de plus en plus minoritaire en raison de l’émigration massive causée par l’insécurité et la situation de guerre. L’une des conséquences les plus graves du conflit est l’exil des jeunes bien formés, et cet exil compromet l’avenir de la liberté, de la démocratie et de l’ouverture dans la société arabe.

Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, qui était deux jours au Liban pendant les bombardements israéliens, a témoigné de cette situation dramatique. Les évêques suisses s’engagent pour toutes les initiatives qui favorisent la paix, la justice et la démocratie dans la région, au Liban et en Terre Sainte, en particulier à Gaza, a souligné l’abbé Gmür.

Après avoir rappelé la position de principe des évêques sur les prochaines votations concernant l’asile et les étrangers – ils rejettent unanimement les deux projets et remercient toutes les personnes qui s’engagent dans ce sens pour un traitement digne des requérants d’asile – (voir aussi encadré), Mgr Grab a présenté une brochure sur les «recommandations en cas de réaffectation d’églises et de centres ecclésiaux». Ce document entend donner des critères de décision aux propriétaires et aux institutions concernées lors de négociations concernant la réaffectation de lieux de culte (*).

Recommandations en cas de réaffectation d’églises

Cette réaffectation d’églises est due au fait que la population bouge, que l’on assiste à une baisse démographique, mais également parce que dans les pays occidentaux, on note une diminution de la pratique religieuse, voire même une perte des fidèles. Ce recul a évidemment des conséquences financières, ce qui entraîne des difficultés pour maintenir tous les lieux de culte.

«Ce ne sont que des recommandations, car en Suisse, en principe les églises n’appartiennent pas à l’évêque ou à la paroisse canonique, mais à la corporation paroissiale. Et c’est seulement le propriétaire qui peut décider de ce qu’il va faire en cas de désaffection de l’église. Mais les évêques peuvent donner des conseils sur la nouvelle affectation», a précisé Mgr Grab.

Ainsi, ils demandent qu’églises et chapelles désaffectées, en raison de leur signification symbolique et liturgique, ne soient pas mises à disposition des membres d’autres religions, d’autres communautés religieuses ou de sectes. Evidemment, d’autres communautés chrétiennes peuvent entrer en considération, comme les communautés orthodoxes qui souvent ne disposent pas de lieux de culte. Mais pas question de les louer ou de les vendre à des communautés dont le message serait contraire à l’enseignement de l’Eglise catholique.

Interrogé sur la polémique entourant la demande de construction de minarets pour des mosquées en Suisse, Mgr Grab a rappelé que pour le moment, il n’y en avait que deux, à Genève et à Zurich. Pendant neuf années qu’il fut évêque auxiliaire à Genève, a-t-il souligné, il n’y a jamais eu de problèmes avec les musulmans de la ville du bout du lac. «Le minaret de la mosquée de Genève n’a jamais été au centre de scandales, c’est une chose unanimement acceptée».

Pas question d’interdire les minarets en Suisse

Le président de la CES a relevé l’importance de la liberté de religion, qui n’est pas seulement individuelle, mais également collective. Et citant le défunt pape Jean Paul II, il a rappelé que la liberté religieuse n’est pas seulement une liberté parmi les autres, «mais c’est le fondement de toutes les libertés».

Ainsi, si l’on respecte la paix et l’ordre publics et les prescriptions de construction légales, «je ne vois pas pourquoi il ne serait pas permis d’ériger un minaret en Suisse». Comme le disait Mgr Koch, a-t-il poursuivi, «ce qui nous menace, si on veut parler de menace, ce n’est pas la force des musulmans, mais c’est la faiblesse des chrétiens».

La CES a encore approuvé le document élaboré par la commission «Migratio» en collaboration avec le service des prêtres «Fidei Donum» concernant l’accueil des prêtres étrangers provenant de régions dites de recrutement non-tradionnelles. Il contient des éléments pour leur engagement en Suisse, notamment la maîtrise de l’une des langues nationales et la connaissance des spécificités de l’organisation de l’Eglise catholique en Suisse. JB

Encadré

Le directeur de Caritas Suisse rejette les accusations de Christoph Blocher

Présent jeudi à Berne à la conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (CES), Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse, a vivement rejeté les accusations du conseiller fédéral Christoph Blocher contre les oeuvres d’entraide suisses dans le cadre de la votation des lois sur l’asile et les étrangers le 24 septembre prochain.

Interrogé par l’agence Apic, le directeur de Caritas a offert un démenti cinglant au ministre chargé de la question des réfugiés. «Il est faux de dire que Caritas dépend des requérants d’asile et que les oeuvres d’entraide seraient intéressées à ce qu’il y ait en Suisse de plus en plus de requérants d’asile.»

Et J. Krummenacher de rappeler que Caritas et les autres oeuvres d’entraide s’engagent beaucoup dans l’aide humanitaire dans les régions en crise, dans les pays en guerre et après les conflits armés. «Nous sommes très présents au Darfour, au Soudan, où 2 millions de personnes persécutées sont en fuite. Nous les assistons avec d’autres ONG, et nous aidons actuellement près de 300’000 personnes».

En Bosnie et au Kosovo, Caritas a construit plus de 7’000 maisons – «presque l’équivalent d’une ville comme Coire» – sans compter les projets dans l’agriculture, la construction d’écoles, etc. «Nous avons beaucoup contribué à ce que des requérants d’asile hébergés en Suisse puissent retourner chez eux, et les accusions de M. Blocher sont ridicules».

Caritas Suisse a commencé à héberger des réfugiés dès avant la Seconde Guerre mondiale, en accueillant par exemple des juifs fuyant le régime nazi. Puis sont venus les Hongrois en 1956, les Tchécoslovaques en 1968, les «boat people» d’Indochine et les réfugiés de la guerre dans les Balkans. «Ce sont les cantons qui nous ont demandé de nous occuper des requérants d’asile, car il faut une très grande flexibilité pour ce travail. Pendant le pic de la crise des Balkans, nous avons engagé par ex. 180 collaborateurs. Nous avons ensuite drastiquement réduit notre personnel qui s’occupe des requérants d’asile, et dès le 1er juillet prochain, ils ne seront plus que 10. Cela ne représentera à partir de cette date plus que 5 millions de francs suisses affectés à ce secteur. sur 127 millions de budget annuel!». JB

(*) On trouve en annexe du document les prescriptions du code de droit canon ainsi que la description d’un rite de réduction d’une église à un usage profane. Le document est disponible sur internet (www.sbk-ces-cvs.ch) ou peut être commandé au secrétariat de la CES (Avenue du Moléson 21, Case postale 122, 1706 Fribourg, Tel. 026 322 47 94, courriel sbk-ces@gmx.ch).

Des photos de la présidence de la CES sont disponibles auprès de l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. CP 253 – Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: info@ciric.ch (apic/be)

7 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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