L’Eglise engagée dans la pastorale de l’Euro 2008
Berne: Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (CES)
Berne, 7 décembre 2006 (Apic) Revenant jeudi 7 décembre sur leur dernière visite «ad limina» au Vatican du 7 au 9 novembre dernier, les évêques suisses ont salué le climat positif qui s’en est dégagé. Le fait que le pape Benoît XVI, ancien archevêque de Munich et Freising, «connaisse très bien» l’Eglise en Suisse, est à l’évidence un avantage, a déclaré à l’Apic Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle et président de la Conférence des évêques suisses (CES) dès le 1er janvier prochain.
La visite «ad limina» des évêques suisses de novembre dernier – qui n’avait pas pu être menée à terme en février 2005 en raison de la maladie du pape Jean Paul II – a été marquée par un couac dans la transmission de l’information par le Vatican.
Le 7 novembre, le Bureau de presse du Saint-Siège avait distribué par erreur à la presse un discours préparé en 2005 pour les évêques suisses, mais que Benoît XVI n’a pas prononcé. L’édition quotidienne de L’Osservatore Romano, qui reproduisait ce document, avait alors dû être envoyée au pilon.
«La publication de ce texte préparé à l’avance ne correspondait pas à la volonté du pape ni à celle du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, le pape ne l’a certainement pas trouvé très ’intelligent’», a confié à l’Apic Mgr Koch. Le futur président de la CES n’a cependant pas exclu que cette «erreur de communication» ait été voulue par certains cercles au Vatican. Les évêques suisses ont d’ailleurs pu se rendre compte qu’il y a des opinions diverses dans la curie romaine.
«L’Eglise ne peut pas être partout pareille»
Habituellement, lors de leur visite «ad limina» qui se déroule tous les cinq ans, les évêques ont des rencontres séparées dans les divers dicastères du Vatican. Cette fois-ci, le pape Benoît XVI a souhaité un nouveau mode de faire: le pape et les responsables des diverses congrégations et conseils du Vatican ont ainsi rencontré ensemble les évêques suisses lors d´une session commune de trois jours. «Si l’on rencontre les responsables de congrégations individuellement, on n’a pas ce retour», a souligné Mgr Koch.
«Nous avons été accueillis avec beaucoup de chaleur et de fraternité et l’atmosphère était extrêmement favorable», a pour sa part déclaré Mgr Amédée Grab, évêque de Coire et président sortant de la CES. Ce nouveau mode de communication lors d’une visite «ad limina», voulu par le pape, est très positif, «car tout le monde entend tout le monde, et il n’y a pas besoin de répéter ce que nous avons déjà dit dans un autre dicastère.»
Concernant certains points en discussion, Mgr Grab a rappelé que les évêques sont en «parfaite communion d’esprit et de coeur», mais structures et pratiques ne sont pas les mêmes dans les divers diocèses de Suisse, étant donné la diversité culturelle de la Confédération. Ainsi de la pratique des prêches tenus par les laïcs, notamment en Suisse alémanique. S’il n’y a aucune «divergence» en matière de foi ou sur les décisions du Concile, des spécificités demeurent dans l’application, «car l’Eglise ne peut pas être partout pareille», ont noté les deux évêques.
Lors de sa rencontre avec les évêques suisses, le pape a ainsi abordé la question de l’homélie prononcée par un assistant pastoral – par exemple quand le prêtre est «fatigué» ou âgé – en mettant en garde contre une vision purement fonctionnelle. Il a insisté sur le fait que l’homélie n’est pas une interruption de la liturgie pour une partie narrative, mais «elle appartient à l’événement sacramentel, en apportant la Parole de Dieu dans le présent de la communauté». Ce ministère de la Parole, pour le pape, fait partie du ministère sacerdotal. Concernant le sacrement de la pénitence, dont la pratique a fortement diminué ces dernières décennies, le pape a également plaidé pour un retour à la confession individuelle.
Là aussi, les évêques suisses sont conscients que diverses voies sont possibles et qu’il ne faut pas se focaliser sur une seule forme, la question essentielle étant de savoir «comment je retourne à Dieu».
Concernant le Championnat d’Europe de football en 2008, plus communément appelé Euro 2008, la CES a chargé sa commission pour la pastorale du tourisme, des loisirs et des pèlerinages de la coordination pastorale lors de l’Euro 2008. De concert avec la Commission «Culture et tourisme» de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), elle a pris contact avec le comité d´organisation de l´Euro 2008 basé à Nyon. Elle entend examiner les collaborations possibles dans le cadre de cette compétition, notamment pouvoir offrir aux organisateurs et aux membres des équipes qualifiés divers services comme des espaces de silence et de recueillement, des temps de méditations et des célébrations eucharistiques pour les footballeurs provenant de pays catholiques.
La CES a en outre décidé de fixer les bases en vue de l´introduction au 1er janvier 2009 de «ForModula». Il ne s’agit pas «d’une déesse grecque», a plaisanté Mgr Koch, mais d’un système de formation modulaire permettant d’accéder aux professions dans l´Eglise. Les institutions de formation sur le plan cantonal, diocésain ou par région linguistique seront invitées à établir des modules bien définis et obligatoires pour leurs programmes de formation. Ce système modulaire concernera d´abord les catéchistes, les animateurs et animatrices de jeunesse, et les animateurs et animatrices pastorales en catéchèse.
Mgr Grab a reconnu qu’il ne s’agit pas là de «métiers» au sens strict du terme, d’autant plus que les profils de ces «professions» varient fortement d’une région à l’autre, qu’il s’agisse de bénévolat ou d’emplois salariés. La reconnaissance mutuelle des formations sera améliorée par le fait que les compétences seront comparables.
Agé de 76 ans, Mgr Amédée Grab, participait à sa dernière conférence de presse comme président de la CES. Ayant, au poste de secrétaire de la CES, puis comme évêque, assisté à une centaine d’assemblées ordinaires et extraordinaires des évêques suisses, Mgr Grab en a profité pour remercier les journalistes de leur travail pas toujours facile. JB
Des photos de la conférence de presse de la CES sont disponibles auprès de l’agence Apic, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. CP 192 – Tél. 026 426 48 21 Fax. 026 426 48 00 Courriel: kipa@kipa-apic.ch (apic/be)



