Berne: Construction de minarets: initiative populaire déposée à Berne
La FEPS juge «inappropriée» cette démarche
Berne, 8 juillet 2008 (Apic) La Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) considère que l’initiative contre les minarets déposée mardi est «inappropriée». Plus de 100’000 personnes exigent un vote contre la construction de minarets. La droite populiste suisse réclame ainsi l’organisation d’un vote contre la construction de minarets.
L’initiative populaire contre ces édifices a été déposée à Berne auprès du gouvernement, avec près de 115’000 signatures.
La véritable question qu’elle soulève, indique un communiqué la FEPS, est celle de l’acceptation de la population musulmane dans notre société. «La polarisation est une mauvaise voie. Il faut se préoccuper de l’intégration».
Aux yeux de la FEPS, l’initiative contre les minarets représente une tentative inappropriée de répondre aux défis d’une société pluraliste. «Le droit ne doit pas être utilisé abusivement comme un instrument de rejet. Or la véritable question soulevée par l’initiative ne touche pas aux bâtiments religieux, mais à notre rapport avec la population musulmane dans notre société».
La FEPS se dit «parfaitement consciente» des inquiétudes qui règnent au sein de la population. Beaucoup de personnes sont désorientées par les mutations sociales. De nouvelles expériences viennent s’ajouter à celles qui nous sont familières. «Des personnes et modes de vie venus d’ailleurs nous mettent en face d’un nouveau défi. Répondre à la perte du familier en désignant un bouc émissaire est une solution simpliste. Il importe bien plutôt d’identifier et d’analyser sans préjugé les craintes et les méfiances».
La FEPS assure encore qu’elle attache beaucoup d’importance à l’intégration. «C’est dans la cohabitation que se construit la cohésion sociale. La disposition réciproque à respecter toute personne dans sa spécificité, dans son identité culturelle et religieuse, crée des rapports de confiance. Mais l’intégration ne se réalise pas du jour au lendemain».
Dès le dépôt du texte, le gouvernement suisse a fait savoir qu’il appellerait le peuple à le rejeter lors du vote qui n’interviendra pas avant de nombreux mois. (apic/com/ag/pr)



