Beaucoup ne motivent pas leur décision

Berne et Zurich: Dans l’Eglise protestante, le nombre des sorties d’Eglise reste élevé

Berne/Zurich, 3 mars 1998 (APIC) L’an dernier, 2699 fidèles (sur près de 750’000, selon le dernier recensement fédéral) ont annoncé leur sortie de l’Eglise évangélique réformée Berne-Jura, soit 90 personnes de moins que l’année précédente et 250 de moins qu’en 1995. Les entrées, stables ces trois dernières années, ont été de 314. A Zurich, contrairement au léger recul bernois, l’on note une progression des sorties: 3575 (sur environ 520’000 membres), contre 3365 en 1996. Les nouvelles entrées se montent à 144.

A Zurich, l’exécutif de l’Eglise évangélique réformée veut proposer des stratégies pour enrayer ce phénomène inquiétant lors du Synode d’été. Il faut noter que la majorité des sortants (plus de 60%) ne motivent pas concrètement leur décision et cette tendance est en progression. Il est difficile par conséquent de donner des raisons pour ces sorties, indique l’Eglise évangélique réformée Berne-Jura.

Requérants d’asile et politique en matière de drogue

Parmi la minorité qui indique ses motivations, les raisons mentionnées tant à Berne qu’à Zurich relèvent souvent de la position de l’Eglise sur les requérants d’asile et le politique en matière de drogue. A Zurich, il semble que la discussion sur l’introduction d’une cérémonie de bénédiction pour les couples homosexuels ait également fait des mécontents, de même que des conflits internes dans deux paroisses. Dans la ville des bords de la Limmat, le changement de tendance espéré l’an dernier n’est pas encore en vue.

Selon une statistique de l’Eglise réformée Berne-Jura, ce sont avant tout les personnes entre 30 et 50 ans qui décident de franchir le pas et de quitter l’Eglise, puis viennent les 20-30 ans. Les sorties d’Eglise diminuent avec l’âge. A Zurich, 67% des personnes qui sortent veulent être considérées comme «sans confession» ou affirment ne plus sentir aucun lien avec leur Eglise.

Suisse: Révision de la loi sur l’asile, lettre ouverte des évêques et de la FEPS

Les Eglises inquiètes face au «durcissement» de la loi

Berne, 3 mars 1998 (APIC) C’est avec un souci grandissant que les Eglises de Suisse suivent la révision de la loi sur l’asile actuellement en discussion aux chambres fédérales. Dans une lettre ouverte aux membres du Conseil national, la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) s’inquiètent des «durcissements» de la politique d’asile proposés par le Conseil des Etats.

«Le Conseil des Etats a ajouté à la procédure de demande d’asile d’autres durcissements qui compromettraient considérablement la qualité de la procédure et agiraient en défaveur des demandeurs d’asile», déplore la lettre des Eglises signée par Mgr Amédée Grab, président de la CES, et le pasteur Heinrich Rusterholz, président de la FEPS. La CES et la FEPS demandent à la chambre du peuple de rejeter ces propositions de modifications et de s’en tenir fermement à sa position initiale.

L’atteinte la plus grave concerne le refus d’entrée en matière en cas de séjour illégal ou par défaut de documents de voyage ou d’identité. Vouloir, comme le fait la chambre des cantons, introduire dans la loi les propositions de l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC), rejetée par le peuple en décembre 1996, est inquiétant, soulignent les Eglises. De telles mesures permettraient d’interdire l’accès à la procédure d’asile, et par là même à une protection adéquate, à des personnes menacées. En outre les innovations proposées par le Conseil des Etats risquent de provoquer une augmentation des procédures de recours. Ces dispositions contredisent ainsi la nécessité d’avoir une procédure d’asile rapide et loyale.

Protéger les «réfugiés de la violence»

Le concept de «personne à protéger» déterminé dans l’article 4 doit garder une définition élargie permettant de tenir compte des «réfugiés de la violence», estiment la CES et la FEPS. Comme le montre la situation qui règne dans beaucoup de pays d’origine, les réfugiés de la violence ne fuient pas seulement la guerre et la guerre civile, mais également les situations de violence généralisée et les violations graves et systématiques des droits de l’homme. Ces raisons majeures doivent trouver leur place dans la définition légale elle-même, insistent les Eglises.

Dans le même sens, le refus d’entrée en matière à la fin de la protection provisoire accordée par le Conseil fédéral ne peut pas se justifier.

Les mineurs non-accompagnés sont au bénéfice d’une assistance spécifique, tant en ce qui concerne l’encadrement que pour la procédure de demande d’asile. La version du Conseil national garantissait mieux l’obligation faite aux offices cantonaux concernés de prendre des mesures de tutelle, rappellent les Eglises.

Des éléments positifs

Les proposition de modifications issues du débat au Conseil des Etats contiennent néanmoins des éléments positifs, relèvent la CES et la FEPS. Notamment la reconnaissance à l’article 3 de motifs de fuite spécifiques aux femmes. Dans l’assistance qu’elles accordent aux réfugiés et aux migrants, les Eglises sont régulièrement confrontées à des femmes qui ont subi des actes de violences sexuelles traumatisants qui ne trouvent pas de reconnaissance adéquate dans la loi actuelle. Cette lacune de la loi sur l’asile doit absolument être comblée.

La décision de suspendre la procédure d’asile pour toute la durée de la protection temporaire pose des problèmes par rapport à la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. La réouverture de la procédure d’asile, proposée par le Conseil des Etats après un certain délai doit absolument être garantie, notent la CES et la FEPS.

Enfin les Eglises prient instamment le Conseil national de suivre la proposition unanime du Conseil des Etats d’inscrire dans la loi sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE) le principe de l’intégration. En créant une base juridique pour l’intégration de la population étrangère résidente, on lui permet de mieux participer à la vie sociale. (apic/com/mp)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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