13 projets pour la réalité et de nombreuses attentes pour le rêve

Berne: La deuxième diète du diocèse de Bâle à réuni 150 participants

Berne,

(APIC) Les 13 projets esquissés durant la deuxième diète du diocèse de Bâle deviendront réalité ces deux prochaines années. Les 150 délégués des 10 cantons du diocèse en pris la résolution, samedi 26 mai à Berne, après trois jours d’échanges sur leurs peurs et leurs difficultés, mais également sur leurs attentes et leurs espoirs.

Des projets qui ont été mis en scène samedi après-midi, lors de la dernière ligne droite de la rencontre qui s’est déroulée au centre évangélique de Bürenpark. Et qui sont le fruit des échanges intensifs au sein de groupes à la composition changeante, en vertu de la nouvelle méthode de dialogue «Open-space».

Prenons l’exemple du groupe chargé des conflits: il ambitionne de contribuer à une nouvelle culture du conflit au sein du diocèse. En élaborant un guide montrant comment on peut faire fructifier un conflit et le rôle que peuvent jouer «les rituels» de réconciliation dans la résolution des conflits. Le groupe pour un œcuménisme vivant propose aussi de donner un fil rouge pour les agapes fraternelles en petits groupes.

Un troisième groupe s’est engagé à dépoussiérer l’image de Dieu et à faire table rase des clichés éculés. Il prévoit d’établir une base documentaire pour empoigner la question. La politique et la religion ne doivent pas se regarder en chien de faïence, estime un autre groupe, prêt à encourager l’engagement politique, en organisant une tournée dans les paroisses. L’enjeu n’est pas moindres puisque qu’il s’agit de pousser les évêchés et la Conférence des évêques à s’exprimer plus largement sur l’actualité et la diaconie à mieux s’ancrer dans la réalité politico-sociale.

Ordination des personnes qui ont l’âme d’un pasteur

«Nous ne voulons plus entendre que les critères de l’accès au sacerdoce doivent rester ce qu’ils sont aujourd’hui. Nous voulons des pas concrets pour les changer», a déclaré la porte-parole du groupe chargé du «réseau pour l’ordination des personnes qui se destineraient au sacerdoce si…». Dans un autre registre, un groupe préoccupé de la «spiritualité dans la vie quotidienne» veut établir un catalogue des lieux de silence et des endroits du diocèse de Bâle où souffle l’esprit».

Au chapitre des doléances, les participants de la diète de Berne – dont la majorité représentaient leur décanat, leur paroisse, leur ordre religieux, leur mouvement ou leur organisation – ont reproché à l’Eglise, «de ne pas reconnaître les signes du temps et de couper la hiérarchie de sa base». Outre ces points négatifs, la diète s’est également sentie soulevée par les attentes de ses membres. L’espoir que les femmes soient totalement prises en compte au sein de l’Eglise et que l’Esprit saint crée de nouvelles conditions d’accès à l’ordination, indépendantes du sexe et de l’état civil, est monté comme une prière. On a même rêvé qu’en 2005, deux femmes évêques exerceraient leur ministère en «job sharing», employant des personnes handicapées et divorcées au sein de leurs vicariats épiscopaux.

«Ce n’est pas le management mais la spiritualité qui sauvera l’Eglise»

La diète a été ouverte jeudi par trois exposés: le sociologue pastoral Michael Krüggeler a plaidé pour une Eglise ouverte dans le contexte social actuel de pluralité et d’individualisation. La journaliste lucernoise Pia Seiler a raconté comment l’exclusion d’un ami homosexuel, celle de proches divorcés et la condamnation de son propre mode de vie par le Nouveau Catéchisme de Jean Paul II l’avaient détournée de l’Eglise. Et comment elle en avait retrouvé le chemin grâce au courage des personnes travaillant au service de l’Eglise.

Gilberto Bestetti de la mission italienne de Berne a demandé ce qui resterait de la spiritualité si les prêtres vouaient toute leur énergie au journalisme, à la politique et à la sociologie. Ce n’est pas le management mais la spiritualité qui sauvera l’Eglise et l’humanité, s’est-il exclamé.

La diète du diocèse de Bâle a pris fin tard dans la soirée de samedi par une célébration eucharistique en l’Eglise de la Trinité à Berne, auxquels les paroissiens se sont également joints. Mgr Kurt Koch a évoqué dans son homélie l’impression d’épuisement laissée par la société européenne, qui a plus urgent besoin d’une «piqûre d’espérance». Il a souligné que la société du vieux continent n’était ni oubliée ni abandonnée par Dieu. La société et l’Eglise connaissent de nouveaux développement porteurs d’espoirs: le signe le plus encourageant est celui du grand nombre de laïcs engagés, a estimée l’évêque. (apic/job/mjp)

27 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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