Un véritable homme de Dieu

Berne: La foule était au rendez-vous pour la messe d’adieu à Jean Paul II à la Sainte-Trinité

Berne, 8 avril 2005 (Apic) La grande foule était au rendez-vous jeudi soir à Berne pour la messe nationale d’adieu à Jean Paul II en la basilique de la Sainte-Trinité organisée à l’initiative de la nonciature apostolique à Berne et de la Conférence des évêques suisses. Le gouvernement fédéral était représenté par les conseillers fédéraux Micheline Calmy-Rey et Pascal Couchepin, ainsi que par la chancelière Annemarie Huber-Hotz.

La messe présidée par le nonce apostolique, Mgr Francesco Canalini, était concélébrée par Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Kurt Koch, Mgr Ivo Fürer, Mgr Bernard Genoud, les évêques auxiliaires Martin Gächter et Peter Henrici, l’évêque émérite Pierre Mamie et le Père Abbé d’Einsiedeln, Mgr Martin Werlen. Au fond du choeur, une bonne vingtaine de prêtres avaient pris place.

Dans l’église archicomble, une cohorte de gardes suisses portait des bannières ornées de crêpe noir, en signe de deuil, et des diplomates avaient tenu à faire le déplacement. Mais le décor était sobre, comme l’avaient voulu les évêques suisses: seul un portrait du pape placé à droite de l’autel rappelait celui qui venait de mourir. Au fond de l’Eglise, des jeunes avaient déroulé une banderole sur laquelle on pouvait lire: «Jean Paul II, don de Dieu».

«Jean Paul II, don de Dieu»

Des communautés religieuses avaient envoyé leurs représentants: Alfred Donath et Rolf Bloch, pour la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), les pasteurs Thomas Wipf et Ruedi Heinzer, responsables de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), Mgr Jérémie, métropolite orthodoxe de Suisse, des sikhs, un représentant de l’Eglise luthérienne. Le président du Tribunal fédéral, Giusep Nay, était également présent, ainsi que des parlementaires fédéraux.

Après avoir remercié les autorités civiles, les membres du corps diplomatique et les fidèles de leur participation à cette liturgie, le nonce apostolique a relevé que cette prière est «avant tout un vif remerciement à Dieu tout-puissant pour avoir donné à l’Eglise et au monde un véritable homme de Dieu, qui a mis ses dons humains au service de la mission, avec intensité et vigueur». Et de souligner que Jean Paul II a été «un messager de paix, de réconciliation, de justice solidaire, d’espoir pour tout être humain qui se reconnaît créé par Dieu».

L’engagement infatigable du pape défunt en faveur d’une «culture de la vie»

Saluant la foule rassemblée dans l’église, Mgr Kurt Koch, vice- président de la CES, a d’abord voulu remercier en premier «le Dieu vivant qui nous a fait cadeau de ce pape et pour tout ce qu’il a pu réaliser dans l’Eglise et dans le monde par le biais de son serviteur».

«Jean Paul II entré dans sa dernière demeure. Nous sommes ici, en cette ville de Berne, où il s’est trouvé parmi nous en juin dernier, lors de l’avant-dernier voyage (international) de sa vie terrestre. Nous repensons avec reconnaissance à ce cadeau», a-t-il poursuivi. L’évêque de Bâle a encore dit sa reconnaissance envers le pape défunt «pour le témoignage personnel de son humanité et de sa vie de chrétien, pour sa fidélité inébranlable à la vérité dans la foi, pour son action infatigable pour la paix et la justice dans le monde, et pour son amour profond pour les hommes, et surtout la jeunesse qui lui tenait tellement à coeur».

Au cours de son homélie, Mgr Amédée Grab a relevé l’engagement infatigable du pape défunt pour une nouvelle évangélisation et en faveur d’une «culture de la vie» opposée à la «(non)-culture la mort». L’évêque de Coire et président de la CES a estimé, en citant les paroles d’un grand journal, que l’histoire confirmera que le pontificat de Jean Paul II «a changé le monde».

Appelant les participants à se souvenir que ce qu’a dit le pape défunt, le président de la CES a rappelé que dès le début de son pontificat il y a bientôt 27 ans, Jean Paul II a appelé les fidèles à la liberté avec son fameux «N’ayez pas peur!» Eprouvé dès sa jeunesse, marqué dans sa Pologne natale et chérie par les violences de la guerre et par les ravages successifs des idéologies qui ont fait d’une grande partie des Européens des peuples de martyrs, a-t-il poursuivi, le pape polonais savait de quoi il parlait.

Dix ans avant le démantèlement de rideau de fer, c’est aux pays de l’Est qu’il s’adressait, mais aussi au monde occidental perdant ses valeurs chrétiennes. «Ce n’est pas de la persécution qu’il faut avoir peur, a souligné Mgr Grab, mais de notre propre réticence à accueillir le Christ ’Rédempteur de l’homme’, en faisant allusion à la première Encyclique de Jean Paul II. «N’ayez pas peur d’accueillir l’Evangile, de redécouvrir votre baptême, d’annoncer la bonne nouvelle avec une vigueur renouvelée, de ’prendre le large’».

«N’ayez pas peur de rencontrer Jésus!»

Et Mgr Grab de rappeler que Jean Paul II l’avait dit dans toutes les langues de Suisse en 1984 et l’avait répété à Berne en juin dernier lors de son avant dernier voyage apostolique: «Chers jeunes, je vous le dis: n’ayez pas peur de rencontrer Jésus! Bien plus: cherchez le!». Et il invitait les jeunes de ce pays et de partout à la rencontre mondiale qui se tiendra sans sa présence visible à Cologne, en août prochain, à la suite des mages qui déclarent à Hérode: «Nous sommes venus pour l’adorer».

Mgr Grab, qui préside également le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), a encore relevé l’insistance avec laquelle Jean Paul II avec tant d’autres Européens a réclamé en vain la mention explicite, dans le préambule du Traité constitutionnel de l’Union Européenne, des racines chrétiennes du continent européen. Parmi les catholiques, il y a eu des voix pour dénoncer ce que pouvait sembler être une recherche de pouvoir de la part de l’Eglise.

Mais, a encore insisté Mgr Grab en saluant ce «pontificat apostolique, prophétique, pastoral», le pape Jean Paul II fut un chrétien à la foi inébranlable et un pasteur conscient de son immense responsabilité. Il n’a pas cherché le pouvoir, mais le salut du monde, qui passe par la Croix, et le salut de tout homme et de toute femme, «….un salut promis à celui qui ouvre tout grand les portes de son coeur au Christ, notre Sauveur».

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch

(apic/be)

8 avril 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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