La Conférence des évêques suisses était contre

Berne: Le PDC suisse satisfait de l’issue de la votation populaire sur le partenariat enregistré

Berne, 5 juin 2005 (Apic) Le parti démocrate-chrétien suisse (PDC) s’est déclaré dimanche 5 juin satisfait de l’issue de la votation populaire sur le partenariat enregistré pour couples homosexuels, qui a recueilli 58% de votes favorables devant le peuple suisse. Les Eglises suisses s’étaient présentées divisées face à ce scrutin. La Conférence des évêques suisses (CES) ainsi que les protestants évangéliques refusaient le partenariat enregistré alors que la Fédération des Eglises protestantes l’acceptait.

Pour le PDC, il s’agit d’une «majorité confortable en faveur d’une loi raisonnable». Les démocrates-chrétiens suisses se réjouissent que la loi sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe ait été approuvée clairement en votation populaire. A la fin avril, le parti avait recommandé de voter «oui» à cette loi entraînant ainsi dans son sillage la base du parti. La loi sur le partenariat «met fin à une discrimination des couples de même sexe», estime le PDC.

«Pour nous, il était important que l’institution du mariage ne soit ni touchée, ni mise en concurrence, et que l’adoption ne soit pas autorisée. C’est ce que propose la loi et c’est pourquoi nous l’avons soutenue. Je me réjouis que les citoyennes et citoyens aient octroyé des droits supplémentaires aux couples de même sexe qui seront assortis de nouvelles obligations», a précisé Doris Leuthard, présidente du PDC suisse.

Déception du côté de la Conférence des évêques suisses

Interrogé par l’Apic dimanche, Mario Galgano, porte-parole de la CES, a déclaré que l’issue du vote était une «déception», et que les politiciens qui avaient toujours souligné que cette loi ne mettrait pas en cause l’institution du mariage et de la famille sont désormais mis au défi de le prouver.

Samedi, l’agence de presse vaticane Fides publiait une prise de position de l’abbé Agnell Rickenmann, secrétaire général de la CES, qui rappelait que la nouvelle loi sur la reconnaissance des couples homosexuels était «une imitation de la loi matrimoniale qui ne peut être acceptée». Ce pacte civil de solidarité pour les couples homosexuels est, de l’avis des évêques suisses, très proche de la législation sur la famille. Ils ne peuvent par conséquent pas l’approuver, relève Fides.

«A l’exception de l’adoption, de la fécondation artificielle et de question du changement de nom, tout est égal à la loi sur le mariage de notre Etat. C’est donc une imitation de la loi matrimoniale, et en conséquence, elle ne peut être acceptée parce qu’elle affaiblit le mariage», poursuit l’abbé Rickenmann.

Le modèle suisse est un modèle intermédiaire; il n’est pas aussi radical qu’en Espagne, mais il ne diffère pas beaucoup de celui de la Hollande. «C’est une forme mixte, en ce sens qu’il est légèrement différent d’un mariage, mais reflète clairement la structure du mariage, et c’est là que réside le plus grand problème». Si, comme les évêques l’ont dit à maintes reprises – par exemple dans leur document d’octobre 2002 -, il convient de supprimer toute discrimination à l’égard des personnes, le caractère unique du mariage entre un homme et une femme doit être protégé de façon inconditionnelle. Pour la CES, la société ne peut y toucher sans se mettre elle-même en danger. Les évêques suisses l’ont répété à plusieurs reprises.

Le secrétaire général de la CES estime que «nous sommes devant une situation généralisée en Europe parce que nos sociétés sont très affaiblies, parce qu’il y a une manque dans la perception de l’anthropologie, de la vision de l’homme comme tel. Une certaine vision matérialiste de l’homme contribue à cela. D’autre part, le développement de notre société tend vers une dissolution des valeurs de l’anthropologie chrétienne, parce qu’on la considère comme très étroite et peu efficace, et pas à la hauteur des exigences du moment actuel». Les groupes homosexuels réalisent d’autre part un grand travail de pression qui amène à la création de lois dites «anti-discriminatoires» dans plusieurs Etats, note Fides. (apic/fides/com/be)

5 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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