Oui à une libre décision personnelle
Berne: Les Eglises protestantes soutiennent le régime des délais en matière d’avortement
Berne, 30 octobre 2001 (APIC) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) soutient le régime des délais en matière d’interruption volontaire de grossesse. Elle estime que cette solution protège la sphère de la libre décision personnelle et instaure un cadre juridique clair. Cette prise de position, présentée le 30 octobre à Berne, a été élaborée avec le concours du professeur Denis Müller de la Faculté de théologie protestante de Lausanne.
Adoptée par les chambres fédérales au printemps dernier, la solution des délais prévoit la dépénalisation de l’avortement durant les douze semaines suivant les dernières règles si la femme fait valoir une situation de détresse.
La FEPS estime qu’autoriser le régime des délais comme «solution pragmatique et démocratique n’équivaut pas pour autant à banaliser cette grave question éthique ni à approuver fondamentalement l’avortement». Monika Waller-Koch, membre du Conseil de la FEPS, souligne que l’acceptation du régime des délais ne signifie pas un soutien généralisé à l’avortement. Mais à la lumière de sa tradition et de la théologie, le protestantisme donne autant de poids à la décision de conscience libre et personnelle qu’à la protection de la vie. Car, estime la FEPS, «aucune déclaration aussi étudiée soit-elle ne peut libérer l’être humain des dilemmes de la vie; ni l’Eglise, ni l’Etat ne peuvent dispenser les femmes ou les couples concernés de cette pénible décision».
La FEPS propose d’aborder un acte comme l’avortement en tenant compte de l’intention des personnes impliquées, de la situation et des circonstances dans lesquelles elles se trouvent ainsi que des conséquences concrètes que leurs entraîneront à l’avenir, pour elles-mêmes, pour autrui et pour la société.
Les Eglises protestantes prônent par ailleurs la mise en œuvre d’une véritable politique de la famille, ainsi qu’une politique sociale et de la santé selon les fondements de l’éthique chrétienne. Elle lance un appel à un débat objectif et factuel sur les questions humainement délicates de l’interruption de grossesse et tient pour inacceptable de criminaliser ou de culpabiliser des êtres qui prennent une si lourde décision. Il importe selon elle d’encourager et de soutenir les centres de conseil existants dans l’exercice de leurs tâches.
Pluralisme en matière de doctrine et d’éthique
La FEPS déplore les tensions qui traversent les Eglises et les communautés se réclamant de l’héritage de la Réforme, aussi bien au sein de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse que parmi les chrétiens et dans les communautés de sensibilité évangélique. Ces tensions résulteraient notamment de la liberté de pensée et d’interprétation dont le protestantisme ne cesse de se réclamer au nom de l’Evangile et qui a pour conséquence pratique la reconnaissance d’un authentique pluralisme en matière de doctrine et d’éthique. La FEPS estime que la recherche d’un consensus pratique et d’une position commune plus claire appartient également à la vocation des Eglises et des communautés protestantes.
Une position assumant les paradoxes de la foi et de l’existence est en réalité bien plus claire, beaucoup plus honnête et beaucoup moins hypocrite qu’une position faisant semblant d’être sûre d’avoir réponse à tout. La perspective protestante met l’accent sur l’attitude et le comportement des personnes, plutôt que sur la signification objective intrinsèque des actes envisagés ou effectués par ces mêmes personnes.
La solidarité à la place du jugement
Les Eglises protestantes mettent en garde contre la tentation de porter un jugement spirituelle éthique sur la décision intime d’une personne en proie à la détresse et à un authentique et grave conflit de conscience. Une attitude de jugement doit être remplacé par une attitude de solidarité.
La FEPS lance enfin un appel à un débat objectif et factuel sur les questions humainement délicates de l’interruption de grossesse. Elle tient pour inacceptable de criminaliser ou de culpabiliser des êtres qui prennent une si lourde décision. Pour la FEPS, il importe d’encourager et de soutenir les centres de conseil existants dans l’exercice de leurs tâches.
Le régime du délai sera l’un des thèmes de la prochaine assemblée des délégués de la FEPS, le 12 novembre à Berne, annonce le communiqué. (apic/com/mk)



