Génération sandwich, intermédiaire ou charnière?
Berne: Les Eglises réformées se penchent sur les 35 – 55 ans
Berne, 3 mai 2006 (Apic) Le Parlement de l’Eglise réformée Berne-Jura-Soleure s’est réuni à la fin avril pour une réflexion sur les 35 – 55 ans et leurs besoins. Cette tranche d’âge est parfois appelée génération «sandwich», «intermédiaire» ou «charnière»
Le Synode de réflexion, qui s’est réuni au Centre de Gwatt, sur les rives du lac de Thoune, a rassemblé près de 160 personnes, dont de nombreux représentants de la génération dite «intermédiaire», communique le synode réformé Berne-Jura-Soleure. Les participants se sont penchés sur les individus arrivés en milieu de vie et leurs besoins spécifiques. Si l’Eglise propose de nombreuses prestations pour les jeunes et les personnes plus âgées, le groupe des personnes «d’âge moyen» est souvent laissé de côté et reste donc en marge de l’Eglise, comme il est fréquemment constaté.
Dans leurs exposés introductifs, le sociologue Kurt Lüscher, la psychologue Christine Lundsgaard-Hansen et le théologien Matthias Zeindler ont formulé les besoins spécifiques de cette génération d’un point de vue sociologique, psychologique et théologique. Les débats ont mis en évidence que cette tranche d’âge ne répondait pas à un schéma très précis. «Dans notre société vieillissante, les 35-55/60 ans appartiennent à trois ou quatre générations différentes», a argumenté Kurt Lüscher. «Je n’aime pas parler de génération-sandwich mais plutôt de génération charnière». Car, parallèlement aux nombreux défis qu’elle doit relever, cette génération a, en elle, un grand nombre d’opportunités. Kurt Lüscher a formulé ainsi la situation paradoxale de la génération intermédiaire: «Les individus sont constamment amenés à se redéfinir et à réaffirmer leur identité». Mais, dans le même temps, dans leurs existences très remplies et soumises à des rythmes trépidants, il leur est difficile de trouver un espace de réflexion approprié.
Départ des enfants, vieillissement et mort des parents
L’Eglise pourrait leur offrir cet espace de ressourcement dont ils ont besoin, a ajouté Christine Lundsgaard-Hansen. Dans sa vie professionnelle, familiale et sociale, l’individu est soumis à de nombreuses pressions, «dans 70% des cas, les individus qui prennent une retraite anticipée le font contraints et forcés». Le départ des enfants, le vieillissement et la mort des parents sont des moments riches en émotions. D’ailleurs, comparé à la jeune génération et à la génération des plus de 60 ans, les individus de la génération intermédiaire sont beaucoup plus «créatifs»: «Forts d’une identité mûrie par l’expérience, ils offrent souvent une aide et un soutien désintéressés aux individus qui en ont besoin.»
La conscience d’être ceux qui «bâtissent la société d’aujourd’hui» est ce ciment qui unit la génération intermédiaire, a observé le théologien Matthias Zeindler. «Leurs compétences et leur autonomie sont les moteurs du bon fonctionnement de notre société.» Les individus appartenant à la génération intermédiaire attendent de l’Eglise un dialogue qui les prenne au sérieux et qui évite le piège des réponses toutes faites aux questions importantes de la vie, a conclu Matthias Zeindler.
La question de savoir quelle réponse concrète les Eglises réformées Berne-Jura-Soleure peuvent apporter aux besoins de la génération intermédiaire reste pour l’instant en suspens. L’idée que les Eglises réformées devraient davantage alimenter le débat public a été fréquemment exprimée durant ce Synode de réflexion. «Nous sommes une Eglise de la parole, mais trop souvent nous nous taisons, a relevé un participant.» (apic/com/bb)



