Berne: Les évêques suisses satisfaits au retour de leur traditionnelle visite «ad limina»

Les évêques retourneront à Rome pour voir le pape

Berne, 7 février 2005 (Apic) Les évêques suisses présents à Rome la semaine dernière pour leur traditionnelle visite «ad limina» n’ont pu rencontrer Jean Paul II, hospitalisé depuis mardi à la polyclinique Gemelli en raison de graves troubles respiratoires.

Malgré la santé déficiente du pape, pour lequel ils invitent les croyants à prier, les évêques suisses se sont tout de même déclarés «extrêmement satisfaits» de leur traditionnelle visite «ad limina», c’est-à- dire au seuil (des basiliques) des apôtres, du 1er au 5 février.

«Nous nous rendrons sous peu à Rome pour une audience avec le pape», a déclaré lundi à Berne Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques suisses (CES). Ces visites «ad limina» ont lieu normalement tous les 5 ans, mais la dernière avait été effectuée en septembre 1997. Pour diverses raisons, notamment le calendrier chargé du pape (Grand Jubilé de l’an 2000, Synodes des évêques, visites pastorales et voyages à l’étranger) sans parler d’un état de santé «qui ne lui permet plus de faire tout ce qu’il voudrait», les évêques suisses n’ont été invités à Rome que cette année.

«Plus on se connaît, mieux cela va entre Rome et la Suisse»

«Plus on se connaît, mieux cela va entre Rome et la Suisse, et il est donc très important que les évêques se rendent régulièrement à Rome» pour visiter le pape, informer sur la situation de chaque diocèse et rencontrer les responsables des congrégations, des conseils pontificaux et des divers dicastères de la Curie romaine, a laissé entendre Mgr Grab. Qui souligne que les évêques suisses ont été reçus à Rome «avec bienveillance et beaucoup de compréhension».

Certes, a-t-il relevé, le jugement des personnes dépend de leur connaissance des choses et des gens, mais les membres de la Curie romaine qui connaissent bien la Suisse sont évidemment à l’abri de préjugés que pourraient avoir des personnes renseignées uniquement par tel ou tel communiqué ou article. Au retour de sa 4ème visite «ad limina», Mgr Grab a affirmé n’être «jamais rentré aussi heureux». A la Curie romaine, on a salué le lancement par les évêques suisses de l’Année des vocations sacerdotales.

Parmi les thèmes abordés lors de cette visite figurent notamment le manque de vocations sacerdotales, les tâches des laïcs et la liturgie, sujets que les évêques suisses avaient d’ailleurs traités dans leurs récents documents: «Laïcs mandatés au service de l’Eglise» et «Message des évêques suisses au sujet de l’instruction ’Redemptionis Sacramentum’». Ce texte a été bien reçu à Rome, a précisé Mgr Grab, même si pour certains, en Suisse, il n’est pas assez courageux, tandis que d’autres pensent le contraire. «Nous ne voulons pas jouer le rôle de police liturgique», a souligné l’évêque de Coire, mais les fidèles ont le droit d’avoir la messe telle que la veut l’Eglise.

Le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a lu attentivement ces documents. En ce qui concerne la prédication des théologiens laïcs, celle-ci peut-être acceptée comme solution d’urgence, s’il s’agit d’une méditation ou d’une courte prédication pour soulager des prêtres surchargés. Mais elle ne doit pas devenir une pratique régulière, estime-t-on.

Les évêques suisses ont tenu leur 267ème assemblée ordinaire à Rome

Lors de leur passage à Rome, les évêques suisses ont également tenu leur 267ème assemblée ordinaire à la «Casa Santa Marta» au Vatican. Ils ont en ont profité pour parler de l’avenir du secrétariat de la CES, qui a vu à la fin de l’année dernière le départ de Marc Aellen, secrétaire général adjoint et attaché de presse. Mgr Grab lui a adressé lundi ses sincères remerciements et relevé le «travail admirable» accompli lors de la visite du pape Jean Paul II en Suisse en juin dernier.

Le présidium de la CES a donné mandat à un consultant d’entreprises pour effectuer une expertise du fonctionnement du secrétariat de la Conférence. A la fin du processus, la CES nommera le successeur de M. Aellen et celui de l’abbé Rickenmann, secrétaire général, qui avait lui aussi remis son mandat à la fin de l’année dernière. L’abbé Rickenmann reste en fonctions jusqu’à l’engagement de son successeur et il accompagnera le processus de restructuration. JB

Encadré

La CES solidaire des requérants d’asile déboutés

Depuis le 1er avril dernier, les requérants d’asile frappés de «non entrée en matière» (NEM) ne reçoivent plus d’aide sociale de la Confédération. La CES, qui se déclare solidaire des requérants d’asile déboutés, remarque qu’un nombre croissant de ces personnes frappe à la porte des paroisses, des services sociaux de l’Eglise et des bureaux de Caritas pour demander de l’aide. C’est notamment le cas dans le diocèse de Bâle, qui rappelle l’exigence évangélique d’aider les personnes dans le besoin, «ce qui parfois peut provoquer des tensions avec les instances officielles concernées.» L’évêque de Bâle, Mgr Koch, a visité personnellement des personnes concernées et déploré que face à la détresse, certains de ces NEM ne voient plus d’autres solutions que la criminalité ou la prostitution. JB

Encadré

Mgr Grab a fêté son 75e anniversaire

Les membres de la CES ont fêté le 3 février à Rome le 75ème anniversaire de leur président, Mgr Amédée Grab, évêque de Coire et également président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE). Un repas de fête a été offert à cette occasion par la Commission centrale catholique romaine du canton de Zurich. Conformément au droit canon, Mgr Grab a remis sa démission au pape Jean Paul II, qui ne l’a pas encore acceptée. Son mandat est donc prolongé. JB

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch

Grande Bretagne: L’évêque d’Exeter monte au créneau

L’»extrême sécularisme» menace la société

Exeter, Devon, 7 février 2005 (Apic) L’évêque d’Exeter, en Grande Bretagne, a lancé une diatribe sur une certaine forme de «fondamentalisme religieux» lors d’un prêche dans l’Eglise catholique romaine de Plymouth.

Mgr Michael Langrish, évêque d’Exeter, a déclaré la semaine dernière dans la cathédrale catholique de Plymouth que «l’extrême sécularisme» était en train de tirer la religion hors de l’espace public. Il a ainsi déclaré que le pluralisme était attaqué par «une forme particulièrement pernicieuse de fondamentalisme».

Le sécularisme devrait considérer et il le faisait autrefois, a-t-il ajouté, que «la création et la préservation d’un espace public ouvert dans notre société, où aucune partie n’est privilégiée et où chacun peut se faire entendre», est vitale. Or, «sous la bannière du politiquement correct et de perspectives multi religieuses et multiculturelles, existe un danger que seule une voix soit autorisée à se faire entendre», a-t-il déclaré. Faisant ainsi écho aux préoccupations dans ce sens, déjà exprimées par le Vatican.

Il a donné pour exemple Noël, où de plus en plus, les scènes de la Nativité et les sapins de Noël sont bannis des échoppes caritatives et les cartes de Noël, remplacées par des «salutations de saison».

La vraie raison, a-t-il poursuivi, pour laquelle «nous devons résister à l’avancement de la sécularisation, n’est pas qu’il y ait quelque chose de faux là dedans. Mais nous devons relever le défi parce que nous croyons en Dieu et en la naissance normale et banale d’un être humain». L’évêque Langrish a cité l’exemple de l’agence anglicane d’adoption, RC/Anglican adoption agency «Families for Children», qui «sous de très fortes pressions, a dû permettre à des couples homosexuels d’adopter des enfants». (apic/bbcnews/vb)

7 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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