Berne: Les oeuvres d’entraide soutiennent le milliard de cohésion pour les pays de l’Est

Un «non» menacerait la coopération au développement

Berne, 20 octobre 2006 (Apic) Les oeuvres d’entraide mettent en garde contre les conséquences d’un refus de la loi sur la coopération à l’Est, soumise au vote du peuple suisse le 26 novembre. Un «non» menacerait non seulement les relations bilatérales avec l’Union européenne, mais aussi la coopération au développement de la Suisse dans les Balkans et en Asie centrale, a prévenu Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse et président de l’organisation Alliance Sud.

«La contribution de cohésion aidera à améliorer la situation des populations d’Europe de l’Est et va dans le sens des préoccupations fondamentales des oeuvres d’entraide», a expliqué Jürg Krummenacher. La loi sur la coopération avec les Etats d’Europe de l’Est, qui comprend le milliard de cohésion en faveur des 10 Etats qui ont rejoint l’Union européenne en 2004, est soutenue par les organisations membres d’Alliance Sud: Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et l’Eper (OEuvre d’entraide protestante), ainsi que l’OSEO (OEuvre suisse d’entraide ouvrière) et la Fondation Village d’enfants Pestalozzi. Elles l’ont fait savoir lors d’une conférence de presse le 20 octobre à Berne.

Jürg Krummenacher a rendu attentif au fait que la loi en question ne porte pas seulement sur la contribution de cohésion, mais également sur l’aide au développement – qui n’est pas remise en question – dans les pays pauvres d’Europe de l’Est et d’Asie centrale. Un non dans l’urne le 26 novembre prochain retirerait toute base légale à cette dernière et la menacerait. Depuis 1990, près de 3,45 milliards de francs ont été versés pour plus de 1’000 projets dans 23 pays, souvent en collaboration avec des organisations d’entraide, a précisé Jürg Krummenacher. C’est de l’argent bien investi qui profite également à la Suisse: «De meilleures conditions de vie dans les pays concernés réduisent la pression migratoire et le crime organisé. L’économie suisse jouit aussi de nouveaux marchés en croissance et reçoit de nouveaux mandats», a-t-il ajouté.

Un financement qui épargne la coopération au développement

Alliance Sud peut aujourd’hui soutenir sans problème la contribution de cohésion, a souligné Bastienne Joerchel, responsable du bureau romand d’Alliance Sud. Les oeuvres d’entraide se sont en effet engagées avec succès contre la décision initiale du Conseil fédéral, soutenue aujourd’hui par l’UDC, de financer entièrement la contribution de cohésion sur le budget de l’aide au développement. Avec la motion Leuthard, le Parlement a forcé le gouvernement fédéral à opter pour un financement qui épargne la coopération au développement. Les partis radical, socialiste et démocrate-chrétien, qui tous soutiennent la contribution de cohésion, se sont mis d’accord en août dernier pour compenser d’éventuelles coupes dans le budget de l’aide au développement par des augmentations correspondantes.

«Le milliard de cohésion est le prix que la Suisse doit payer pour les Bilatérales II», a affirmé Bastienne Joerchel, afin de souligner que ce n’est pas dans le budget de l’aide au développement qu’il faudra puiser pour débourser ce montant. «Les Bilatérales rapportent plus à la caisse fédérale en terme de revenus et d’économies que ne coûte la contribution de cohésion, a-t-elle ajouté, soulignant que la Confédération ne devait pas encaisser les bénéfices des Bilatérales et en faire «payer le prix par les pays les plus pauvres».

Un soutien aux projets des oeuvres d’entraide

Les représentants des oeuvres d’entraide ont montré lors de leur conférence de presse la diversité de leur engagement dans la coopération à l’Est. Ils s’attendent à ce qu’une partie de la contribution de cohésion soutienne le financement de ces projets.

La Fondation Village Pestalozzi est présente en Serbie et au Montenegro dans des projets de promotion de l’égalité des chances des jeunes Tsiganes. L’Eper finance depuis 2004 en Moldavie différents projets en faveur des personnes âgées, des jeunes et des paysans à hauteur de 240’000 francs par année, avec l’aide de la DDC (Direction du Développement et e la Coopération). Ce pays, devenu indépendant en 1991, connaît des statistiques alarmantes: 40% de la population en-dessous du seuil de pauvreté, un taux de chômage de 70% et une émigration de près de 40% de la population active. L’EPER s’engage en Moldavie à la formation d’une main d’oeuvre qualifiée, dont le manque flagrant actuel a des conséquences tant sociales qu’économiques.

Pour sa part, l’OSEO favorise depuis 1991 le dialogue social entre le patronat et les syndicats dans plusieurs pays de l’Est. En Bulgarie, a expliqué le chef de son département International, Zoltan Doka, l’OSEO a instauré des forums ouverts pour des entretiens professionnels entre employeurs et syndicats. En Serbie, elle élabore avec les patrons et les syndicats des systèmes d’information des habitants sur l’évolution sociale et économique de leur région. En Roumanie, l’OSEO participe à la création de services de consultation juridique dans les syndicats et soutient des programmes pour les chômeurs. (apic/com/bb)

20 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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