Berne: Les oeuvres suisses d’entraide dénoncent des»manipulations statistiques»

Frais d’asile mis sur le compte de la coopération au développement

Berne, 20 mai 2005 (Apic) La décision du Conseil fédéral d’augmenter les dépenses en matière de coopération au développement – en y imputant les frais de l’asile – se réalise à l’aide de «manipulations statistiques plutôt qu’en terme réel», ont dénoncé jeudi les oeuvres suisses d’entraide.

Dans son communiqué, la Communauté de travail Swissaid/Action de carême/Pain pour le prochain/Helvetas/Caritas/Eper estime que pour combattre efficacement la pauvreté dans le monde, «ce sont des actions qui sont nécessaires non des manipulations comptables!»

La décision prise en 2001 de faire passer l’aide au développement à 0,4% du produit national brut (PNB) d’ici à 2010 est toujours officielle, rappellent la Communauté de travail. Toutefois les augmentations annuelles prévues dans le plan financier ont depuis lors été victimes des programmes d’économie et d’allégement budgétaire.

Avec sa décision d’imputer les frais de l’asile à la coopération au développement, le Conseil fédéral atteint cet objectif sans dépenser un centime de plus pour les pays pauvres (2004: 0,41% au lieu de 0,37%). Malheureusement, déplorent les oeuvres suisses d’entraide, il a refusé de se fixer parallèlement un nouveau jalon.

Quid des objectifs du Millénaire ?

Aujourd’hui, tout le monde admet que sans une augmentation rapide de l’aide au développement, les objectifs du Millénaire de réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015 ne seront jamais atteints. Plusieurs pays européens ont d’ores et déjà décidé d’augmenter progressivement leur aide de 0,5% à 0,7% d’ici 2015.

«Seul le Conseil fédéral ne semble pas encore prêt à reconnaître que la Déclaration du Millénaire engage aussi la Suisse à des actes concrets», insiste la Communauté de travail. Qui précise qu’il lui reste aujourd’hui quatre mois jusqu’au Sommet spécial de l’ONU sur les l’objectifs du Millénaire (septembre 2005, à New York) «pour cesser de marginaliser la Suisse sur le plan international et reprendre à son compte les objectifs fixés par ses voisins européens». (apic/com/be)

20 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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