La Suisse passe à côté du défi
Berne : Les œuvres suisses d’entraide tirent la sonnette cinq ans après Rio
Berne, 24 avril 1997 (APIC) Berne : Les œuvres suisses d’entraide tirent la sonnette cinq ans après Rio du développement durable, estiment les écologistes et la Communauté de travail – Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas -. Cinq ans après le Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992, les responsables de ces organisations proposent un plan d’action alternatif à celui du Conseil fédéral. Ils préconisent notamment d’impliquer les pouvoirs locaux.
Dix jours après la présentation du plan d’action du Conseil fédéral pour le développement durable, les représentants des œuvres suisses d’entraide et des écologistes redisent leur déception. La Suisse est très en retard dans la mise en œuvre des principes définis par l’Agenda 21 adopté é Rio, a indiqué René Longet, directeur romand de la Société suisse pour la protection de l’environnement, lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Berne.
La Suisse rate les potentialités qu’offre le développement durable pour la société, l’économie et l’environnement. Celui-ci est, en effet, une réponse au libéralisme et à la globalisation. Par rapport aux pays scandinaves et aux Pays-Bas, le retard mis à la concrétisation des principes de la durabilité est important, a estimé Rosemarie Bär, de la Communauté de travail des œuvres d’entraide.
Cinq ans après l’événement majeur de Rio, on ne sent quasiment plus l’esprit de Rio, a ajouté R. Bär. Le vent neuf ne souffle plus. Et la planète ne s’est pas rapprochée de façon prépondérante de l’objectif consistant à prendre un tournant écologique et social. Selon elle, la nouvelle responsabilité à l’égard de la planète n’a pas été assumée, et les devoirs que les pays devaient faire chez eux n’ont pas été accomplis.
A cet égard, le tout récent > sur l’état de la terre et le rapport du PNUD sur le développement ne laissent planer aucun doute. Les deux organisation tirent à nouveau la sonnette d’alarme.
Exclusion
Le fait que les organisations de coopération au développement et de protection de l’environnement soient exclues de toutes les négociations commerciales a un effet particulièrement négatif, a déploré l’oratrice de la Communauté de travail. Ce qui est usuel depuis Rio pour toutes les conférences de l’ONU et toutes les délégations essuie un refus catégorique lorsqu’il s’agit de questions économiques. La situation est d’ailleurs semblable en Suisse.
Conformément à la Déclaration de Rio, la participation de la population est nécessaire à la mise en œuvre du développement durable, a indiqué Ueli Halder, de la même Communauté de travail. A cet effet, le plan d’action alternatif préconise l’inscription du principe de durabilité dans la Constitution fédérale et une collaboration des collectivités locales.
Les écologistes et les œuvres d’entraide proposent dans leur plan que l’impôt sur l’énergie soit introduit en 2002 et que le montant consacré au développement soit porté progressivement à 0,7% du PNB. Enfin, ils demandent une adhésion immédiate à l’ONU et un engagement de la Suisse en faveur de la compatibilité des règles économiques, financières et commerciales mondiales avec la durabilité. (apic/com/pr)



