L’équation Jean Paul II

Berne: Les organisateurs de la 1ère Rencontre nationale des jeunes catholiques aux anges

Jacques Berset, agence Apic

Berne, 6 juin 2004 (Apic) Les organisateurs de la 1ère Rencontre nationale des jeunes catholiques du 5 juin à Berne, qui a culminé dimanche 6 par la messe présidée par le pape, sont aux anges. Avec quelque 14’000 jeunes participants le samedi à la BernArena et plus de 70’000 personnes de tous âges à l’eucharistie sur la plaine de l’Allmend, leurs plus folles espérances ont été comblées.

«Comme souvent avec le pape, notre rencontre a bénéficié d’un effet d’aspiration en dernière minute», analyse le Valaisan Alexandre Praz, du Comité d’organisation de la Rencontre. Prenant l’exemple de la Journée Mondiale de la Jeunesse à Paris, en 1997, les pronostiqueurs prévoyaient une affluence moindre. «Soudain, une sorte de souffle arrive et les gens se disent: tiens, cela se passe près de chez nous, ce serait dommage de rater cet événement. Alors les gens se décident en dernière minute», confie à l’Apic l’étudiant d’Ovronnaz.

Forte présence alémanique: une agréable surprise

Comment expliquer la forte présence alémanique (8’000 participants de Suisse allemande, 3’000 de la Romandie, 1’200 du Tessin, et 1’800 venus de l’étranger), alors que les Suisses allemands ne passent pas pour des «papolâtres»? Chantal Brun, qui travaillait comme catéchiste dans la paroisse de Bethléem à Berne avant de s’occuper du secrétariat de la Rencontre, admet que ses compatriotes sont souvent réticents vis-à-vis de Rome. «Mais les gens pensent que Jean Paul II est une personnalité très populaire. Même quand ils ne partagent pas nécessairement ses opinions, notamment en matière de morale, ils se disent que s’il vient en Suisse, c’est l’occasion d’en savoir plus sur sa personne…»

Nombre de jeunes, tout en critiquant clairement sa morale sexuelle, le considèrent par ailleurs comme un témoin de la paix, en raison de son engagement contre la guerre en Irak ces deux dernières années. «En Suisse alémanique, beaucoup apprécient par contre ses positions sur le Moyen- Orient», relève Chantal Brun. Cette dichotomie est assez caractéristique de la mentalité alémanique et une différence culturelle notable s’est fait sentir entre les trois régions linguistiques de la Suisse, constate-t-elle. La réussite de cette 1ère Rencontre nationale est d’autant plus extraordinaire – «quelque chose de magique s’est passé, une sorte de JMJ suisse», selon Chantal Brun – que l’on a pu mettre ensemble pour la première fois non seulement toutes les régions linguistiques du pays, mais aussi la pastorale de la jeunesse

La 1ère Rencontre devrait avoir une suite

La suite ? Le Comité d’organisation n’est pas encore en mesure de proposer des pistes concrètes. «Il n’y a encore aucune proposition sur la table, mais après ce succès, il est évident qu’il doit y avoir un ’après’ 5 juin 2004», plaide Alexandre Praz. «Quand on a vu tous les ponts que l’on pouvait créer, que ce soit au niveau des régions de la Suisse, entre les diverses sensibilités ecclésiales, de la pastorale traditionnelle de la jeunesse dans les paroisses aux communautés nouvelles, il faut poursuivre quelque chose». Cette sorte d’»oecuménisme intracatholique» est une première, mais elle montre qu’au-delà des différences, «on partage quelque chose d’encore plus fort qui nous unit, la même foi en Jésus-Christ». JB

Encadré

Comme un air de JMJ

Peu avant 10h, dimanche matin 6 juin, la papamobile blanche de Jean Paul II est annoncée, et déjà la foule est sous haute tension. A peine pénètre-t- elle sur la pelouse de l’Allmend de Berne qu’une nuée de servants de messe en aube – garçons et filles confondus – se met à courir dans son sillage pour apercevoir le visage du vieil homme courbé sur son fauteuil. C’est un petit moment de délire dans la foule.

Les fanions blanc et jaune du Vatican s’agitent frénétiquement, bientôt noyés par le rouge et blanc, couleurs nationales de la Pologne – et de la Suisse, bien plus discrète -. Surnagent sur la foule ondoyante les damiers de la Croatie, l’aigle noir à deux têtes des Albanais du Kosovo, le drapeau allemand (publicité gratuite pour les JMJ d’août 2005 à Cologne!), les drapeaux du Portugal, d’Italie, du Brésil, et des divers cantons suisses, dont le Tessin, le Valais, Glaris. «Giovanni Paolo ! Giovanni Paolo!», scandera la foule à diverses occasions, quand elle n’applaudira pas le pape lors des passages marquants de son homélie. Se détachant bien au milieu de la foule, une banderole de Solidarnosc, le glorieux syndicat polonais d’autrefois. On vous l’avait bien dit: «comme un air de JMJ». JB

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/be)

6 juin 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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