La position du pape sur l’ordination des femmes est une option personnelle
Berne: lettre ouverte des doyens à la Conférence des évêques (170694)
Berne, 17juin(APIC) Dans une lettre ouverte publieé jeudi, les doyens
catholiques de la ville de Berne critiquent sévèrement la lettre du pape
sur «l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes» et l’attitude de la conférence des évêques suisses à cet égard. Ils reprochent aux
évêques suisses de s’être rangés officiellement complètement derrière
l’avis du pape et de ne pas prendre en compte la réalité sociale et ecclésiale de la Suisse. Beaucoup de chrétiens, hommes et femmes, ne se sentent
plus pris au sérieux face à une telle prise de position ecclésiale, écrivent-ils.
«Nous pouvons certes accepter la lettre du pape comme une prise de position personnelle, mais pas comme une décision définitive pour l’Eglise.
Nous allons continuer dans notre décanat la discussion sur la place des
femmes dans l’Eglise et leur ordination et soutenir pratiquement ce chemin
aussi loin que possible», soulignent le doyen Franz Schwerer, le pro-doyen
Manfred Ruch et le pro-doyen Jürg Meienberg-Bär, signataires de cette missive de protestation.
Les signataires se déclarent très étonnés de la manière dont la Conférence des évêques suisses a réagi à la lettre du pape. Selon eux, la réaction épiscopale donne l’impression que le pape seul décide du sort de
l’Eglise et que l’avis des évêques et des fidèles ne vaut rien. Cette impression vient du fait que les évêques se rangent entièrement derrière la
position du pape et veulent montrer ainsi leur unité avec l’Eglise universelle. Mais la réalité sociale et ecclésiale très diverse de la Suisse n’y
trouve plus sa place.
La lettre reproche aux évêques de se couper de plus en plus de la base
qui ne se sent plus comprise. Les auteurs évoquent aussi la situation précaire des paroisses causée par le manque de prêtres. La référence au sacerdoce commun des fidèles et au rôle important des femmes dans d’autres secteurs de la vie ecclésiale «sonne à nos oreilles comme une consolation bon
marché», disent-ils. Plus grave, les chrétiens par de telles positions officielles de l’Eglise ne se sentent plus pris au sérieux. «Cela signifie,
comme vous pouvez l’imaginer, un éloignement lent mais réel de l’Eglise,
dont nous faisons l’expérience dans nos paroisses.»
Sur le fond, les doyens considèrent que la lettre du pape est théologiquement très discutable et ne contribue pas dans la situation actuelle de
la société à rendre l’Eglise plus crédible. Les signataires abordent ensuite la situation pastorale de leur décanat. A moyen terme les femmes doivent
être représentées paritairement dans les organes ecclésiastiques, porter
conjointement la responsabilité et participer aux décisions.(apic/com/mp)



