Berne: Première rencontre européenne du mouvement «Corpus Christi»
«Si je suis prêtre, c’est pour l’Eucharistie»
Berne, 6 septembre 2000 (APIC) Pour la première fois en Europe, le mouvement «Corpus Christi» pour les prêtres de Mère Teresa s’est rassemblé mardi à la paroisse de la Trinité à Berne, trois ans jour pour jour après la mort de la religieuse albanaise, à Calcutta.
Une dizaine de religieuses en sari blanc bordé de bleu, venues de Zurich et de Lausanne, une assemblée de 150 personnes et une vingtaine de prêtres et de diacres de Suisse, du Liechtenstein, d’Autriche ou encore de Hollande ont célébré mardi 5 septembre la première rencontre de «Corpus Christi» sur le vieux continent. La liturgie eucharistique en français, en allemand et en anglais s’est prolongée par l’adoration du Saint-Sacrement, alternant les chants méditatifs de Taizé et ceux des nouvelles communautés.
Fondé officiellement il y a quelques mois à Perth Amboy, dans l’Etat américain du New-Jersey, le mouvement «Corpus Christi» avait été lancé par Mère Teresa et le Père Joseph Langford dans les années 80 déjà à l’intention des prêtres diocésains. Coordonné à New-York par le Père Pasquale Cervera, «Corpus Christi» propose à ses membres de centrer leur vie sur le mystère de l’Eucharistie et de retrouver la simplicité évangélique. Il constitue la branche sacerdotale de la grande famille spirituelle religieuse et laïque fondée par Mère Teresa de Calcutta. Chacun de ses membres prie quotidiennement pour l’une des cinq mille Missionnaires de la Charité œuvrant à travers le monde, sans même connaître son nom.
Une règle «trop stricte»
Les prêtres et diacres réunis ont brièvement fait connaissance avec les religieuses des communautés de Lausanne et de Zurich, empêchées de partager le repas avec eux par la règle des Missionnaires de la Charité. Un retrait vivement regretté par l’un des franciscains, présent à l’Eglise de la Trinité, Frère Benno-Maria. Comme ses consœurs, il travaille dans la rue à Zurich, au service des toxicomanes, sidéens et autres personnes en détresse.
Lors d’un tour de table, le Père Leonardo, originaire de la République démocratique du Congo, a expliqué que la lecture des livres de Mère Teresa l’avait aidé à surmonter sa révolte contre les missionnaires qui l’ont «déraciné» de sa culture. Aumônier des toxicomanes et des sidéens de Lausanne, ancien directeur du petit Séminaire de Notre-Dame-d’Afrique, il a relaté son chemin de croix dans les camps de réfugiés ou encore sa survie dans la forêt. Il vient de perdre sa sœur, morte à l’âge de 23 ans et sa mère est actuellement dans le coma. L’aumônier a dit être venu à Berne pour confier sa famille à des amis prêtres. Il a ajouté que s’il avait choisi la prêtrise, c’était pour l’Eucharistie.
Crise identitaire des prêtres
Initiateur de la rencontre, le vicaire à la paroisse de la Trinité, Andreas Gschwind n’est pas surpris que ce soit en Suisse que le mouvement émerge pour la première fois sur le vieux continent. «Au-delà de la pénurie de vocations sacerdotales en Suisse, il existe chez nous une crise de l’Eucharistie et de l’identité des prêtres, une crise de la foi. Les pasteurs ne trouvent plus leur place dans la communauté et n’éprouvent plus le besoin de dire quotidiennement la messe.» Le jeune prêtre alémanique estime que l’Eglise manque de profondeur quand elle aborde les sujets du célibat des prêtres, du diaconat ou du sacerdoce féminin. Quand on n’est pas assez relié au mystère sacerdotal, on risque d’être aspiré par l’activisme, les idéologies dominantes, les luttes de pouvoir ou encore l’argent, explique le prêtre de Berne. Le mouvement «Corpus Christi» propose une renouvellement en profondeur de l’Eglise, «qui fonctionnement malheureusement comme une entreprise»: (apic/mjp/bb)



