Berne: Ruth Metzler dans le collimateur des collectifs de sans-papiers de Suisse
L’»immense escroquerie» des critères d’admission dénoncée
Berne, 31 octobre 2002 (APIC) Les collectifs de sans-papiers de Suisse dénoncent «l’immense escroquerie» des critères d’admission utilisés par la Conseillère fédérale démocrate chrétienne Ruth Metzler, appliqués depuis un peu moins d’un an. Les collectifs dressent un véritable réquisitoire contre la politique fédérale en la matière.
Pour obtenir un titre de séjour, les clandestins doivent prouver qu’ils se trouvent dans un «cas de rigueur». Or, l’appréciation de ces cas est laissée au bon vouloir des cantons, «qui se livrent une compétition dans l’interprétation restrictive qu’ils en font», ont dénoncé mercredi à Berne les mouvements de sans-papiers lors d’une action devant le Palais fédéral.
Depuis le début 2002, seules quelques 300 régularisations de sans-papiers ont été accordées par les autorités fédérales compétentes, l’Office fédéral des réfugiés (ODR) et l’Office fédéral des étrangers (OFE), a déclaré Hannes Reiser, représentant des collectifs. «Cela représente un pour mille des sans-papiers vivant dans ce pays».
Aucun canton ne voulant devenir une «Mecque des sans-papiers», les instances cantonales ne transmettent les demandes des personnes voulant régulariser leur situation qu’au compte-gouttes: «peut-être 10% des dossiers soumis aux cantons parviennent à Berne», a estimé H. Reiser.
Certains cantons comme Zurich et les Grisons ne tiennent carrément pas compte des cas de rigueur et n’entrent pas en matière, accuse pour sa part Sandra Modica, du collectif fribourgeois. Pour les collectifs, «dans les Grisons, où des milliers de sans-papiers travaillent dans l’hôtellerie, cette attitude est d’une arrogance absolue». (apic/ag/pr)




