Des centaine d’embryons congelés dans des hôpitaux en Suisse

Berne: Une polémique s’instaure au sujet de la probable destruction d’embryons

Berne, 17 juin 2001 (APIC) Que faire des embryons surnuméraires? La question, qui alimente régulièrement la polémique, devient plus que jamais d’actualité. Des centaines d’embryons congelés sont conservés dans des hôpitaux en Suisse. Un professeur d’éthique s’élève contre leur destruction programmée et propose de les destiner à l’adoption.

Le chiffre de plusieurs centaines d’embryons congelés a été confirmée au journal «Sonntagsblick» par Costanzo Limoni, de la Société suisse de fertilité, stérilité et planning familial. Mais ni son président Michael K. Hohl, médecin chef à l’hôpital cantonal à Baden, ni Costanzo Limoni n’ont accepté d’en donner le nombre exact. La majorité de ces embryons devront probablement être détruits dans les trois ans, suite à l’entrée en vigueur le 1er janvier 2001 de la loi sur la procréation artificielle qui interdit de les conserver, révèle le journal zurichois dans son édition du 17 juin.

Pour le professeur d’éthique Hanspeter Schreiber, enseignant à l’Ecole polytechnique de Zurich, ces embryons sont des êtres vivants. Il exige qu’ils ne soient pas détruits et propose de les destiner pour l’essentiel à l’adoption. En clair, il demande qu’ils soient destinés à l’implantation chez des femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants sans fécondation artificielle.

Opposition de l’Eglise à la destruction d’embryons

A de nombreuse reprises, l’Eglise catholique a exprimé son opposition à la congélation et à l’expérimentation d’embryons. Le 10 avril dernier, Mgr Elio Sgreccia, vice-président de l’Académie pontificale pour la vie, avait affirmé dans les colonnes de l’Osservatore Romano que les quelque 24’000 embryons congelés en Italie sont «une véritable armée d’êtres humains dans un bain d’azote liquide à -180°C». Il avait rappelé que «congeler un être humain est un acte très grave de violence».

L’Eglise catholique du Canada, pour sa part, a souligné fin mai 2001 dans une prise de position que «l’embryon est un être humain dès sa conception et qu’il ne peut être utilisé à des fins de recherche». Elle a dénoncé la pratique qui consiste à produire plus que le nombre d’embryons requis pour implantation chez la femme, ce qui a pour résultat leur destruction.

«Quel paradoxe de voir des embryons créés pour aider à la reproduction mis de côté avec autant de désinvolture. Comment peut-on créer la vie pour ensuite la détruire?», soulignait l’Eglise catholique du Canada en commentant la destruction, il y a cinq ans, de 3’300 embryons de rechange en Angleterre. (apic/ag/imed/zn/bb)

17 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!