Un accueil fou, fou fou

Berne: Visite du pape: Les organisateurs de la rencontre tirent le bilan

Berne, 7 juin 2004 (Apic) Réunis lundi pour une ultime conférence de presse, les organisateurs de la 1è Rencontre nationale des jeunes catholiques avec le pape, les 5 et 6 juin à Berne, en présence de Jean Paul II, ont tiré un bilan enthousiaste de cet «accueil fou» des jeunes pour le pape, comme s’en est réjoui Mgr Denis Theurillat. Rendez-vous aux JMJ de Cologne en 2005.

Présidant l’ultime conférence de presse de cet événement exceptionnel que fut la Première rencontre nationale des jeunes catholiques en Suisse, avec la présence du pape, les organisateurs ont dit leur satisfaction et remercié tous ceux qui ont oeuvré depuis janvier 2003 à la réalisation de cet événement, sans même savoir tout au long, si le pape serait finalement là ou pas.

Etaient présents à cette conférence de presse: Mgr Amédée Grab, Président de la conférence des évêques suisses, Mgr Denis Theurillat, responsable du Comité d’organisation, le major Peter Theilkäs, responsable général de l’engagement de la police, Marc Aellen, porte parole de la Conférence des évêques suisses (CES), l’abbé Pierre-Yves Maillard, responsable du programme, Chantal Brun, secrétaire générale de la rencontre, ainsi que l’abbé Agnell Rickenmann, secrétaire général de la CES.

Mgr Amédée Grab garde de ces deux jours un sentiment de joie et a été impressionné par l’immense sympathie manifestée par les jeunes au pape. «Un grand moment», a-t-il poursuivi, «fut le repas avec le pape, au Viktoriaheim, où étaient réunis les évêques de sa suite ainsi que les évêques suisses». Les autres membres des délégations prenant leur repas à l’Hôtel Novotel, en face de la Bern Arena. Installé d’un côté du pape alors que de l’autre côté était Mgr Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, Mgr Grab a pu parler à Jean Paul II, qui n’a pu que répondre brièvement. «Mais son intérêt est toujours présent. Si sa pensée réagit immédiatement à ce qu’on lui dit, il ne peut pas parler dans l’immédiat et s’exprime difficilement», a témoigné Mgr Grab.

Quant à Mgr Denis Theurillat, il a fait part de son émotion et s’est dit «reconnaissant envers toutes les personnes et les jeunes adultes qui ont déployé tant de temps et d’énergie pour que réussisse cette fête». De très nombreuses séances ont été nécessaires, depuis janvier 2003 pour mener à bien ces deux jours exceptionnels. Pour l’évêque, responsable du Comité d’organisation, les jeunes, même s’ils n’ont pas tout compris des paroles du pape, sont repartis avec cette invitation pressante : «Lève toi, Fais de ta vie quelque chose!». Enfin, il s’est enthousiasmé devant «cet accueil fou», de même que pour l’eucharistie de dimanche: «Cette foule de 70’000 personnes dans ce soleil». «Nous avons célébré dimanche la beauté de la vie» a-t-il conclu avant de lancer. «Je suis encore comme sur un nuage!»

«Tout était sous contrôle»

L’abbé Pierre-Yves Maillard a été surpris par l’attente des participants, supérieure à celle projetée et par l’état d’esprit qui a régné pendant ces deux jours. Il dit sa reconnaissance aux 200 jeunes bénévoles.

La logistique a parfaitement fonctionné puisque, comme l’a signalé Olivier Denichert, «tout était sous contrôle».

Le major Peter Theilkäs, de son côté, a souligné que la sécurité du pape avait été constamment garantie, dans tous les lieux où il s’est rendu. De nombreuses forces étaient engagées dans l’opération de sécurité: la police de Berne, les corps de police du Concordat des polices du Nord Ouest de la Suisse, entre autres organismes. Et de souligner que 156 personnes qui participaient à la manif interdite de samedi ont été contrôlées; 26 d’entre elles ayant été placées temporairement en détention. Il a encore relevé le comportement discipliné du public aux contrôles, qui se sont déroulés sans incidents notoires.

Répondant à une question, Mgr Amédée Grab a précisé que «la visite du pape était une visite pastorale et d’amitié». «Ce n’était pas un voyage de rappel à l’ordre, ni destiné à appliquer en Suisse les normes de l’Eglise universelle», a-t-il lancé. Les deux délégations d’évêques n’ont donc pas abordé les sujets qui fâchent. Mais «les évêques suisses devront, lors de leur visite à Rome, parler de la responsabilité de leurs dicastères».

Mgr Grab: Il n’y avait pas de «claque» engagée pour le pape!

Le tiers des jeunes catholiques de Suisse étant d’origine étrangère, comment les communautés d’immigrés se sont-elles impliquées dans cette visite papale? Pour l’abbé Maillard, le travail des missions linguistiques s’est traduit dans les intentions de prière dans 7 langues et dans les ateliers pour l’intégration des minorités étrangères. Mgr Theurillat salue les missions linguistiques pour leur collaboration sans faille.

Enfin, interrogé par l’Apic sur sa réaction face à la prise de position du théologien suisse Hans Küng, établi en Allemagne qui, dans le «Blick», a qualifié l’événement de «culte triomphaliste de la personne», Mgr Amédée Grab a répondu: «Nous ne l’avons pas invité (le pape) pour lui manifester un débordement d’affection. La manière dont les jeunes veulent accueillir leur hôte est leur affaire. Il n’y avait pas de claque pour l’accueillir! Dans cette espèce d’enthousiasme pour une personne et pour un idéal, certaines formes déplaisent à certains théologiens. Ceux qui protestent contre le culte de la personnalité sont des gens âgés. Si la jeunesse manifeste sa joie, tirons-en une leçon. Ne nous laissons pas gagner par l’aigreur!». Rendez-vous à Cologne pour les Journées Mondiales de la Jeunesse du 16 au 21 août 2005. (apic/vb)

7 juin 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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