La population espère la fin rapide de l’occupation israélienne

Bethléem: Après 39 jours, le siège de la basilique de la Nativité a été levé vendredi matin

Bethléem, 10 mai 2002 (APIC) Le siège de la basilique de la Nativité à Bethléem, qui durait depuis près de six semaines, a été levé vendredi matin 10 mai et deux bus ont emmené les occupants vers une base militaire israélienne, où ils sont triés. Les activistes exilés à l’étranger se sont envolés à destination de Chypre à bord d’un avion militaire britannique arrivé à l’aéroport Ben Gourion en matinée. A Bethléem, la population qui vit sous couvre-feu depuis début avril, espère la fin rapide de l’occupation israélienne.

Les 13 militants palestiniens, désignés par Israël comme de «dangereux terroristes», sont emmenés dans un premier temps à Chypre, qui a accepté de les recevoir temporairement. L’Italie avait refusé de leur servir de terre d’exil. 26 autres activistes, accompagnés par des Britanniques et des Américains dans la Bande de Gaza, devraient en principe y être jugés par la justice palestinienne, tandis que 85 civils et policiers sont libérés.

Les 10 militants pacifistes du mouvement international de solidarité qui avaient réussi à s’introduire il y a quelques jours dans la basilique seront expulsés par les Israéliens, mais ils refusaient de sortir avant d’avoir l’assistance d’un avocat. Les Palestiniens sont sortis un à un de la basilique, avec à leur tête Abdullah Daoud, chef des services de renseignement de Bethléem, en passant par des détecteurs de métal. Deux occupants ont été évacués sur des civières. Certains, en uniformes de la police palestinienne, ont fait le «V» de la victoire en direction de parents et d’amis rassemblés sur la place de la Mangeoire. Ils ont été escortés par des soldats israéliens jusqu’aux bus. Des agents de la CIA sont entrés dans l’église après son évacuation pour inspecter et collecter les armes laissées par les Palestiniens.

Les militants exilés à Chypre ont été internés sous surveillance dans un hôtel près de l’aéroport de Larnaca. Ils devraient connaître leur destination finale lors d’une rencontre des Ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne lundi. Selon la députée palestinienne Hanane Ashraoui, Israël n’a présenté aucune preuve que les exilés sont des terroristes. «Leur déportation est une violation du droit international, c’est complètement inacceptable», a-t-elle lancé.

Effusion de sang évitée

«Le plus important est que le siège de la basilique de la Nativité à Bethléem ait été levé sans effusion de sang’’, commente Hanna Nasser, le maire de Bethléem, ville assiégée depuis le 2 avril par l’armée israélienne. Les Palestiniens qui s’étaient retranchés dans l’église sont finalement sortis après des tractations longues et exténuantes.

Hanna Nasser, dans une déclaration à l’agence d’information missionnaire MISNA, a tenu à remercier particulièrement le Vatican, au nom du Conseil municipal et de tous ses concitoyens – chrétiens et musulmans confondus – , pour son engagement et «le déploiement de sa diplomatie silencieuse pour mettre fin à la tragédie de la Nativité».

De son côté, le Père Ibrahim Faltas, custode de la Nativité qui a accompagné les Palestiniens lors de leur sortie du lieu saint, a exprimé sa satisfaction devant l’issue positive de l’occupation. Les franciscains qui étaient encerclés dans l’église avec les Palestiniens ont continué à jouer un rôle déterminant jusqu’au bout, y compris lors de l’opération d’évacuation de la basilique. La place de la Nativité grouillait vendredi matin de parents et d’amis venus saluer les Palestiniens libérés sous le regard des journalistes et des chaînes de télévision du monde entier.

Le maire de Bethléem, une personnalité catholique respectée, va s’empresser de voir dans quel état se trouve le complexe de la Nativité où 200 personnes ont bivouaqué pendant un mois. Hanna Nasser souligne qu’il faut se mettre au travail dès maintenant et restituer le lieu sacré à la chrétienté dans les meilleurs délais. Dans ses projets pour redonner vie à sa ville, le maire a pensé aussi aux enfant «qui ont été traumatisés par cette longue occupation militaire». Autres préoccupations, réparer les dégâts consécutifs à l’occupation et qui coûteront des millions de dollars. Outre le siège de la basilique, depuis la réoccupation par l’armée israélienne, toute activité – travail, école, commerce, déplacements – était suspendue dans tout le district de Bethléem. En 6 mois, la ville a été occupée 3 fois par l’armée israélienne, qui y a commis des déprédations gigantesques. Ecoles et institutions chrétiennes – comme l’Université catholique – n’ont pas été épargnés. (apic/misna/haar/be)

10 mai 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!