La télévision Al-Mahed – Nativité – ferme ses portes à la Toussaint

Bethléem: Criblée de dettes, la seule TV chrétienne de Terre Sainte ferme ses portes

Bethléem, 31 octobre 2007 (Apic) Criblée de dettes, la seule télévision chrétienne de Terre Sainte, Al-Mahed (la Nativité) à Beit Sahour, près de Bethléem, ferme ses portes à la Toussaint. La décision de fermer cette station chrétienne privée, qui était l’une des seules de ce type dans tout le Moyen-Orient, a été difficile à prendre pour son directeur et propriétaire, Samir Qumsieh, un entrepreneur grec-orthodoxe de Beit Sahour.

Défenseur de la cause de la minorité chrétienne dans les territoires palestiniens, Samir Qumsieh a déclaré à l’agence de presse catholique américaine CNS qu’il n’était plus en mesure de continuer pour des raisons financières. «C’est un jour très triste», a-t-il lancé.

Alors que la fin du mois est là, a-t-il déclaré, «je ne peux pas dormir la nuit tout en me demandant comment je serai en mesure de payer mon équipe de 16 personnes». Samir Qumsieh relève qu’il n’a pas touché de salaire pour lui-même durant les 11 années d’existence de la télévision, quand il est retourné à Beit Sahour après un séjour au Koweit où il a fait fortune.

L’homme d’affaires a mis son propre argent dans la télévision chrétienne, dont les coûts mensuels s’élevaient à quelque 10’000 dollars par mois. Le déficit a été de près de 6’500 dollars par mois dès le début. Il a dû vendre du terrain pour faire face aux dettes les plus pressantes, et pour que la station puisse survivre, il faudrait des rentrées de 140’000 dollars par année. La situation économique critique dans les territoires palestiniens ne permet plus à la station chrétienne Al-Mahed de survivre plus longtemps. Son directeur craint que ces quinze prochaines années, la communauté chrétienne de la région de Bethléem ne quitte définitivement la Terre Sainte, comme l’ont déjà fait avant lui cinq de ses frères.

La fermeture de l’une des seules voix du christianisme au Moyen Orient, et de ce lieu de dialogue unique pour chrétiens, juifs et musulmans, est un signe fort du sentiment d’abandon qu’éprouvent les chrétiens de toute la région. (apic/cns/be)

31 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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