Un Palestinien abattu, pas d’accès de Mgr Etchegaray à la Nativité
Bethléem: L’armée israélienne interdit la visite de l’envoyé spécial du pape à la Nativité
Bethléem, 2 mai 2002 (APIC) L’armée israélienne a interdit l’accès de la basilique de la Nativité à l’envoyé spécial du pape, le cardinal Roger Etchegaray, annonce la presse israélienne jeudi 2 mai. N’ayant plus confiance dans la capacité des hommes à résoudre la crise à Bethléem – ” alors que les deux parties sont toutes deux en mesure de mettre fin à cette tragédie qu’elles font perdurer» – les franciscains disent n’avoir plus que la prière.
Ils ont ainsi décidé jeudi de célébrer «100 messes pour la paix» dans chacun des sanctuaires chrétiens de la Nativité, à Bethléem, de l’Annonciation à Nazareth, et du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. L’invitation à célébrer 300 messes ces prochains jours a été faite à l’occasion de l’arrivée en Terre Sainte du cardinal Etchegaray, qui fut déjà l’envoyé spécial de Jean Paul II en Terre Sainte, à l’occasion de la Journée mondiale de la Paix 2001. Il devait remettre aux autorités israéliennes et palestiniennes le texte du Message de Jean Paul II consacré au «Dialogue entre les cultures pour une civilisation de l’amour et de la paix».
L’homme des «missions délicates»
Le cardinal Etchegaray, âgé de 80 ans, qui fut le «cardinal du Jubilé» de l’an 2000, est aussi président émérite des conseils pontificaux «Justice et Paix» et «Cor Unum». Surtout, l’ancien archevêque de Marseille est considéré comme le «cardinal des missions délicates»: il fut envoyé par exemple en Chine populaire au moment où la polémique autour des canonisations des premiers Chinois avait envenimé les relations entre le Vatican et Pékin. Il fut également envoyé par le pape au Rwanda et dans les Balkans. Il est par ailleurs membre de la Congrégation des Eglises Orientales, dont fait également partie le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah
Alors que le cardinal français poursuivait sa mission, dans le but notamment d’obtenir la levée du siège de la basilique de la Nativité, qui dure depuis le 2 avril, quatre Palestiniens ont été blessés par l’armée israélienne dans le complexe du couvent. Un des Palestiniens – le quatrième abattu depuis le début de l’encerclement – est décédé des suites de ses blessures.
Tirs contre la Nativité, incendie maîtrisé
Jeudi, vers une heure du matin, à la suite d’échanges de coups de feu et de lancement de grenades, un incendie s’est déclaré dans les locaux de la paroisse franciscaine, dans la salle paroissiale et dans les bureaux qui font partie du couvent des franciscains. Le Père Gianfranco Pinto Ostuni a réussi à établir un contact téléphonique avec le Père Ibrahim Faltas, custode de la basilique. L’homme abattu, un agent des services de sécurité palestiniens originaire de Gaza, a été touché par les tireurs israéliens alors qu’il se trouvait dans le jardin de l’église.
Le maire de Bethléem, Hanna Nasser, une personnalité catholique respectée dans la région, a réclamé une nouvelle ronde de négociations pour trouver une solution au «drame inhumain» du siège de la Nativité. Hanna Nasser a déclaré ne pas avoir reçu de réponse de la part des Israéliens. Il n’a également pas obtenu la livraison de nourriture aux assiégés. L’armée israélienne espère toujours que les occupants vont se rendre sans condition, afin de pouvoir les juger en Israël. Israël accepterait de les laisser partir à condition qu’ils soient exilés à l’étranger. Les Palestiniens, qui refusent l’exil, proposent un libre passage pour leurs militants vers la Bande de Gaza.
Le cardinal Roger Etchegaray, qui a rencontré jeudi le président israélien Moshé Katsav, tente également d’apporter son concours pour lever l’encerclement qui dure depuis plus d’un mois. De son côté, l’Ordre des Franciscains de Terre Sainte déplore ’’l’incapacité du monde civilisé à mener les parties à une solution pacifique’’.
Le porte-parole de l’Ordre des Franciscains de Terre Sainte, le Père Jaeger, ne se lasse pas de lancer des appels pour sortir de l’impasse politique et humanitaire qui dure depuis près d’un mois: «Je répète que les deux parties ont ensemble et chacune la possibilité de résoudre la crise, qu’elles sont en mesure de mettre fin à cette tragédie et qu’elles doivent assumer la responsabilité si elles la font perdurer de cette façon’’. «Désormais, nous confions notre espoir à Dieu car en l’homme nous en avons peu». Nous prions pour nos confrères qui restent à Bethléem et persévèrent dans leur volonté de garder les lieux saints», a ajouté le religieux. Le porte-parole de la Custodie affirme que pour le moment aucun des religieux et des quatre Soeurs qui sont à l’intérieur du complexe de la Nativité ne quittera le couvent assiégé par les militaires israéliens. (apic/fides/misna/haar/be)



