Bethléem: La frustration des jeunes palestiniens sans avenir dure depuis des années
L’Institut arabe pour l’Education, une organisation affiliée au mouvement catholique pour la paix Pax Christi International, dénonce dans une déclaration publiée à Bethléem la sanglante répression qui s’abat sur des jeunes privés d’avenir par l’occupant, tant à Bethléem que dans les territoires occupés par Israël. A propos de la frustration des jeunes qui vivent en situation d’apartheid, l’Institut parle même de «marmite à vapeur» prête à exploser à tout moment. «Nous sommes témoins de scènes où des jeunes sont abattus de sang froid par les soldats d’une armée professionnelle qui fait montre de son pouvoir tout puissant en tirant des fusées ou fusillant les gens à partir de tanks et d’hélicoptères… Le nombre des tués en moins d’une semaine est sans précédent, même plus élevé que durant l’époque de l’Intifada.»
L’Institut arabe pour l’Education, un organisme engagé auprès de la jeunesse palestinienne, estime que cette révolte n’est pas uniquement causée par les provocations d’un Ariel Sharon sur un lieu saint de l’islam à Jérusalem, mais par la répression que subissent les Palestiniens depuis trop longtemps: «Malgré la promesse d’indépendance, le processus de paix d’Oslo a, sur le terrain, très sévèrement restreint les possibilités de vivre des Palestiniens. Dans les années 1990, les jeunes n’ont pas pu voyager facilement, ils ne connaissent pas leur avenir, et doivent régulièrement faire face à la force et à l’arrogance de l’armée israélienne. Depuis des années, il est courant d’entendre les jeunes dire qu’ils ne peuvent pas respirer, qu’ils ne vivent pas».
Il faut savoir que depuis les accords d’Oslo, les Palestiniens sont confinés dans des sortes de «bantoustans», comme au temps de l’apartheid en Afrique du Sud, et qu’ils ne peuvent sortir de leurs zones encerclées par des colonies de peuplement juives qui ont confisqué toutes les terres alentours. Contrairement à l’image donnée à l’extérieur, Ehud Barak – qui passe pour une «colombe» à l’étranger – a autorisé davantage de constructions dans les colonies juives que sous le «faucon» Netanyahou, ce qui exaspère la population locale consciente de ce double langage.
L’Institut arabe pour l’Education souhaite que cette violence contre les jeunes – «le pire ’investissement’ que l’on puisse faire en matière d’éducation!» – cesse et que la population palestinienne puisse enfin, comme tout autre peuple, avoir le droit de vivre dans la dignité et la liberté. S’engageant à poursuivre ses projets éducatifs actuels au niveau local et ses échanges internationaux, il réclame la poursuite du soutien extérieur pour ses projets de dialogue et la reconnaissance de tous les droits, dont celui à l’éducation, des Palestiniens vivant dans les territoires occupés. L’Institut demande également à la communauté internationale de se joindre à l’appel contre l’usage indiscriminé et excessif de la force contre les jeunes palestiniens. (apic/com/px/be)



