Le retrait des Israéliens semble loin, d’après les frères

Bethléem: Les franciscains de Terre Sainte n’ont plus ni nourriture, ni eau, ni électricité

Bethléem, 10 avril 2002 (APIC) Les franciscains sont préoccupés par «l’aggravation» de la situation à Bethléem, notamment depuis les déclarations des Israéliens qui «ne semblent pas vouloir se retirer». L’ambassade d’Israël auprès du Saint-Siège accuse pour sa part les Palestiniens de «crime de guerre», du fait qu’ils occupent un lieu saint en vue de combattre. Confirmant qu’un moine arménien orthodoxe a été blessé et évacué de la basilique, les franciscains annoncent qu’ils n’ont plus de vivres.

«La préoccupation pour la sécurité des frères, des quatre soeurs et des autres religieux s’aggrave depuis les déclarations israéliennes qui ne semblent pas annoncer la fin du siège», affirme un communiqué émanant de la Maison Générale des frères mineurs à Rome et publié dans l’après-midi du 10 avril.

De son côté, l’ambassade d’Israël auprès du Saint-Siège accuse les Palestiniens de violer la Convention de Genève en se barricadant dans un édifice religieux «avec l’objectif de combattre». Affirmant que «cela constitue un crime de guerre», elle dénonce une situation dans laquelle l’église de la nativité est considérée comme «un objectif militaire légitime» par les Palestiniens, «mettant en danger la vie des civils et des prêtres qui y résident». «Dans cette situation, les religieux sont utilisés comme une sorte de bouclier de protection».

Le 6 avril dernier, le porte-parole des franciscains de Terre Sainte, le père David Jaeger, avait réagi à la déclaration israélienne définissant les franciscains d’otages des Palestiniens. «Nous avons immédiatement été indignés», avait-il déclaré. «Nous rappelons solennellement devant tout le monde que les frères ne sont pas otages, parce qu’ils sont chez eux». Le franciscain voulait ainsi éviter que «cette étrange insistance lexicale de l’armée israélienne ait pour objectif de légitimer un assaut armé dans le sanctuaire».

Le matin du 10 avril, par ailleurs, un autre communiqué de la Maison générale des franciscains à Rome annonçait que les religieux n’avaient plus rien à manger, «les frères ayant tout partagé avec les Palestiniens barricadés dans le couvent». «La situation est d’heure en heure plus lourde», expliquait le père Ibrahim Faltas, curé de la basilique de la nativité, précisant que l’eau et l’électricité font désormais défaut. Un religieux arménien a en outre été «grièvement blessé» et transporté en ambulance à Jérusalem, ajoutait le communiqué, sans donner de précisions sur l’origine du tir qui l’a touché. (apic/imed/bb)

10 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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