Georges Bush accusé de laisser faire Ariel Sharon
Bethléem: Marche des leaders religieux chrétiens de Jérusalem à Bethléem
Pierre Rottet, APIC,
Jérusalem, 2 avril 2002 (APIC) Les leaders religieux chrétiens de Terre Sainte ont vivement réagi mardi matin à la prise de Bethléem par les blindés de l’armée israélienne. Dans une lettre adressée au président Bush, ils accusent ce dernier de laisser agir Sharon à sa guise, de laisser pourrir la situation, alors que Washington a le pouvoir de mettre un terme à l’occupation militaire des Territoires. Mercredi, une marche emmenée par les leaders des Eglises chrétiennes de Terre Sainte devrait partir de Jérusalem pour se rendre à Bethléem, afin de protéger les lieux saints de l’irrémédiable.
Depuis lundi soir, des centaines de chars israéliens ont envahi l’ensemble de la ville de Bethléem. «Actuellement, indique par téléphone à l’APIC le Père Raed Awad Abusahlia, chancelier du patriarcat latin de Jérusalem, l’armée est en train d’attaquer les civils, les maisons, de les fouiller une à une, sans épargner les églises. A l’heure de l’interview, le Père Raed Awad Abusahlia n’a pas voulu commenter l’annonce de l’assassinat d’un prêtre à Bethléem par l’armée israélienne, en l’absence d’une confirmation officielle
Les blessés et les morts, y compris dans les rues, ne peuvent être évacués, commente en revanche le chancelier. L’armée empêche les ambulances et la Croix-Rouge de faire leur travail. Nous avons contacté la Croix-Rouge à Jérusalem, et même à Genève, pour demander que quelque chose soit fait. En vain. Les soldats ne laissent personne bouger. Tout ce qui bouge dans les rues essuie le feu des militaires. Il n’y a rien d’humain dans ce qui se passe à Bethléem, à Ramallah et dans les territoires. Il semble que les conventions de Genève et les Résolutions de l’ONU ne soient pas faites pour être respectées par Monsieur Sharon».
Tôt ce matin, indique-t-on au patriarcat, les chefs des Eglises chrétiennes se sont réunis au patriarcat latin de Jérusalem. Dans une lettre envoyée à Washington, ils demandent au président Bush de faire en sorte que soit mis fin à ce qui se passe non seulement à Bethléem mais aussi dans tous les territoires occupés, dans les villes et villages ainsi que dans les camps de réfugiés. Les chefs religieux estiment en effet que le président Bush a le pouvoir de faire reculer Ariel Sharon.
Proposition de médiation
Les chefs religieux de l’ensemble des Eglises chrétiennes ont ensuite pris la tête d’une marche à laquelle ont participé des centaines de prêtres, religieux et religieuses, ainsi que des civils, pour se rendre dans la vieille ville de Jérusalem. Le cortège s’est dirigée vers le consulat des Etats-Unis, puis en direction de la résidence de Sharon, absent à ce moment- là.
Les chefs religieux proposent enfin leur médiation. «Il appartient aux Eglises de montrer la voie à ces politiciens, devenus complètement aveugles». Les religieux réclament ainsi le droit de donner une chance à la paix d’aboutir, «à condition que soit mis un terme immédiat à l’envahissement des territoires occupés».
Mercredi matin, dès 10 heures, une autre marche massive des communautés religieuses chrétiennes partira de Jérusalem pour se rendre à Bethéem. «Notre but est de nous interposer devant les chars de l’armée israélienne, qui bombardent indifféremment des églises, des couvents et les lieux saints». En dehors des populations civiles, de nombreuses églises ont été touchées. Et même nombre de couvents. Des chars ont pris position jusque devant la Place de la Nativité, indique le patriarcat.
Scandalisé
Selon le Père Raed Awad Abusahlia, les prêtres ont reçu pour instruction de mettre un rameau d’olivier sur les portes des églises et des lieux saints, et de poser une affiche portant l’inscription «Interdit d’accès aux soldats armés». «Dorénavant, nous tiendrons Israël et Sharon pour responsables de la suite des événements, et en particulier d’une attaque contre l’église de la Nativité».
Le Père Raed Awad Abusahlia se déclare scandalisé par l’appel de Bush à Arafat lui demandant d’agir immédiatement pour mettre fin aux attentats anti-israéliens. «C’est un fou! Comment peut-il demander à Arafat d’arrêter la violence alors qu’il est confiné et encerclé par les blindés israéliens? Pourquoi ne demande-t-il pas à Sharon d’arrêter le massacre, alors qu’il en a réellement le pouvoir?». (apic/pr)




