Un Noël sans climat de fête et sans touristes.

Bethléem s’apprête à vivre Noël

Bethléem, 21 décembre 2001 (APIC) Une association de juifs convertis au christianisme qui offre des jouets aux enfants de Bethléem, une famille d’un jeune palestinien tué par des soldats israéliens, qui fait don des organes du défunt pour des malades israéliens. Ce sont là les signes d’espérance en Terre Sainte, à la veille de Noël. Ils tranchent avec le quotidien d’une région en feu et à sang. Mais Bethléem vivra un Noël particulier. Sans touristes. Sans climat de fête.

«Nous apporterons des jouets pour les enfants de Bethléem. Toutes les collectes faites durant le mois de décembre seront données à une association sans but lucratif qui travaille dans les Territoires occupés, comme nous le faisons toujours pendant l’année ; mais, ce mois-ci, nous faisons un effort de plus». C’est la solidarité envers les chrétiens des Territoires palestiniens de Qehillah, une communauté catholique de tradition juive de Jérusalem, dont fait partie également un groupe de juifs convertis au christianisme, explique le Père Pierbattista Pizzaballa, responsable de la communauté.

«Du côté palestinien également, il y a des exemples semblables, dit-il. Un jeune palestinien, touché par un tir d’un soldat israélien, est mort après une longue agonie. La famille a fait don de ses organes, même pour des malades israéliens».

Cérémonies liturgiques, uniquement

Cette année, en Terre Sainte, Noël est marqué et assombri par la violence qui frappe toujours les populations civiles. Pour le Père Pizzaballa, «il n’y a pas le climat de fête. La période est très difficile. A Bethléem, il y aura seulement les cérémonies liturgiques ; il n’y aura pas d’autres manifestations. Il n’y a pas de pèlerins dans les hôtels, le chômage augmente». Le Père Amjad Sabbara, curé de Bethléem, a déclaré à l’Agence fides que «malgré les difficultés, on a prévu toutes les cérémonies religieuses, mais il n’y aura pas d’autres manifestations. Nous organiserons toutefois des fêtes pour les enfants avec distribution de cadeaux. Je demande aux chrétiens du monde de prier pour la paix à venir en Terre Sainte. L’effondrement du tourisme a touché très gravement la population. Tous les hôtels sont fermés par manque de clients. Nous avons un taux de chômage qui s’élève à 50%, en raison aussi du blocus des permis de travail en Israël».

Dans le message de voeux pour Noël qu’il a envoyé à ses amis et à ses paroissiens, le Père Sabbara écrit: «Nos chrétiens, qui sont déjà une minorité, cherchent à résister autant que possible à la tentation d’émigrer et de se trouver un endroit meilleur pour vivre. Nous ne voulons pas voir nos sanctuaires devenir un jour des musées sans fidèles.» (apic/fs/pr)

21 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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