Mgr Amédée Grab lance un appel à la paix en Terre Sainte
Bethléem: Triste Vendredi Saint pour les chrétiens orthodoxes
Bethléem, 3 mai 2002 (APIC) Triste Vendredi Saint à Bethléem toujours sous couvre-feu pour les chrétiens orthodoxes qui célèbrent ce week-end la fête de Pâques selon le calendrier julien. L’armée israélienne devait lever pour quelques heures le couvre-feu imposé depuis un mois aux villages chrétiens de Beit Jala et Beit Sahour, dans l’agglomération de Bethléem. Mais pour la première fois dans l’histoire, la messe de Pâques ne pourra être célébrée dans la basilique de la Nativité, assiégée par l’armée israélienne.
Au terme du Xe symposium des évêques européens, qui vient de terminer ses travaux à Rome, le président du Conseil des Conférences épiscopales catholiques d’Europe (CCEE), Mgr Amédée Grab, a lancé un nouvel appel à la paix en Terre Sainte. Mgr Grab, évêque de Coire, en Suisse, a réclamé la levée du siège de la basilique de la Nativité.
Le président du CCEE dénonce la violation des principes humanitaires
Au sujet du Moyen-Orient, après avoir souligné la situation difficile des assiégés de la Nativité, l’évêque bénédictin a relevé qu’il y a également parmi les Palestiniens armés et désarmés qui ont fait irruption dans l’église le 2 avril pour y chercher refuge une quarantaine de prêtres et de religieuses catholiques.
Ces dernières semaines, les assiégés n’ont reçu que très peu de nourriture et d’eau et ils n’ont presque plus rien à manger et à boire. «Refuser la nourriture et l’eau et nier aux blessés l’assistance médicale est contraire aux principes humanitaires établis par les lois internationales, souligne Mgr Grab. Nous demandons avec insistance aux autorités responsables d’assurer la nourriture, la quantité d’eau suffisante et une assistance médicale adéquate à ceux qui se trouvent dans l’église, sans plus tarder et sans que cela porte préjudice à la poursuite des efforts accomplis en vue de débloquer la situation.»
Le gouvernement israélien déclaré que les forces armées qui entourent l’église ne déclencheront pas d’attaque, mais l’armée continue de harceler les occupants, dont quatre ont déjà été abattu par des tireurs embusqués et plusieurs autres blessés. «Si la situation actuelle devait se prolonger, poursuit le président du CCEE, il n’y aurait plus que deux solutions: un accord entre le gouvernement d’Israël et l’Autorité palestinienne ou la mort lente, à cause de la faim, de ceux qui sont dans l’église. Nous prions et nous supplions les représentants des deux parties en conflit de rendre possible une solution pacifique et d’accomplir tous les efforts nécessaires pour l’atteindre».
Américains et Britanniques participent désormais aux négociations
Américains et Britanniques participent désormais aux négociations pour tenter de débloquer la situation à la basilique de la Nativité et de faire lever le siège israélien. «Il faut s’attendre à un changement de la situation dans les 72 heures, a indiqué jeudi le maire de Bethléem, Hanna Nasser, une personnalité catholique respectée. Il a estimé que les Américains et les Britanniques sont à présent impliqués pour résoudre la crise, car il ne semble pas que les négociateurs israéliens et palestiniens soient en l’état actuel des choses capables de résoudre la situation. «Le président Arafat souhaite la résoudre», a affirmé Hanna Nasser.
Le maire de Bethléem, qui est en rapport avec le Vatican, ne pense pas que l’armée israélienne reçoive le feu vert pour attaquer le lieu saint qui a vu naître le Christ. «Le Vatican a reçu des assurances d’Israël à ce sujet», a-t-il déclaré à la presse. Hanna Nasser a également démenti la propagande de l’armée israélienne affirmant que l’incendie dans la nuit de jeudi dans le complexe de la Nativité avait été allumé par les Palestiniens: ces allégations sont «dénuées de tout fondement».
Le «non» des autorités militaires israéliennes
Le cardinal Roger Etchegaray, l’émissaire du Vatican en Terre Sainte, n’a pas encore été autorisé à se rendre à Bethléem, selon la presse israélienne. Il a déclaré venir au nom du pape Jean Paul II pour apporter sa «petite pierre au grand chantier de la paix» ouvert sur ce sol ensanglanté». «Je m’y emploierai en solidarité avec toutes les Eglises chrétiennes».
Dans sa déclaration, l’ancien cardinal de la curie romaine a rappelé que le pape n’a eu de cesse de «témoigner respect et confiance aux deux peuples israélien et palestinien, tous deux entre-déchirés aujourd’hui mais unis par une aspiration profonde à vivre dans la liberté, la justice et la sécurité auxquelles ils ont droit». Soulignant que l’objet de sa visite est de demander «que tout soit fait pour régler au plus tôt la tragique situation de Bethléem», il a souhaité que la basilique de la Nativité «soit restituée à Dieu et aux croyants».
Il est fort peu probable, pour le moment, que l’émissaire du pape soit autorisé à se rendre à la basilique de la Nativité, après le «non» de jeudi des autorités israéliennes. Le cardinal français pourrait rester en Terre Sainte jusqu’à dimanche. (apic/misna/fides/haar/bbc/be)



