Le Liban doit retrouver sa pleine souveraineté

Beyrouth: Le patriarche maronite réclame le retrait des troupes syriennes du Liban

Beyrouth/Paris, 6 juin 2000 (APIC) Le patriarche maronite Nasrallah Sfeir a lancé un nouvel appel pour que l’armée libanaise se déploie dans les zones libérées de l’occupant israélien, au Liban Sud, pour sécuriser la population. Il réclame aussi le retrait des troupes syriennes du Liban pour que pays retrouve sa pleine souveraineté.

Le cardinal Sfeir souhaite par ailleurs que l’Etat libanais se montre clément à l’égard de ceux qui ont été forcés de collaborer avec Israël durant les 22 ans d’occupation d’une partie du sud du pays. Quant à ceux qui ont commis des crimes et des exactions, ils doivent être jugés par les tribunaux libanais. Le patriarche considère que le Hezbollah n’est pas une menace directe pour les chrétiens car il y a eu des collaborateurs (avec Israël) aussi bien parmi les chrétiens que parmi les chiites.

Saluant le retrait des troupes d’occupation israélienne au Liban, le patriarche maronite réclame désormais le retrait des troupes syriennes du Liban «qui contrôlent tout». La présence des Syriens, traités comme «alliés et amis», empêche que le Pays des Cèdres soit vraiment considéré comme tout à fait souverain, déclare-t-il dans une interview publiée mardi par le quotidien catholique français «La Croix».

Souveraineté limitée

Le patriarche maronite estime qu’au Liban, «le pouvoir de décision n’est pas entre les mains des Libanais mais des Syriens» et si le pays veut retrouver toutes ses prérogatives en dehors de toute ingérence, «il faut le départ de troupes syriennes». Ces dernières, selon l’Accord de Taëf qui a mis fin à la guerre civile, auraient dû se redéployer au bout de deux ans, avant de se retirer. Elles ne l’ont pas fait. «On a fait dépendre cela du gouvernement libanais, mais je ne sais pas dans quelle mesure il peut se prononcer, car il a été lui-même mis en place avec l’intervention de la Syrie».

Le Hezbollah ne menace pas les chrétiens

Au sujet des militants chiites du «parti de Dieu», le Hezbollah, qui a combattu deux décennies contre l’occupant israélien, le cardinal Sfeir estime qu’après tout «ce sont des Libanais qui ont lutté pour libérer leur pays. A la fin, je crois que tout le monde était d’accord. A partir du moment où la résistance n’a plus de raison d’être, je crois que le Hezbollah pourrait devenir un parti comme les autres et jouer un rôle politique».

A son avis, le Hezbollah ne menace pas les chrétiens, même si au début les islamistes voulaient créer une République islamiste au Liban. «Ils sont aujourd’hui d’accord, c’est du moins ce qu’ils disent, sur le fait que le Liban ne peut exister que grâce à l’union de ses fils, musulmans et chrétiens», déclare-t-il à «La Croix».

Le chef de l’Eglise maronite ne croit pas que le Hezbollah puisse instaurer une République islamique «parce qu’elle serait happée par d’autres pays, comme les chrétiens ne peuvent pas créer un foyer chrétien qui serait un nouvel Israël, mais sans la force d’Israël et sans l’appui des Etats-Unis». (apic/ds/cx/be)

6 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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