Beyrouth: Les protestants de Syrie et du Liban plutôt positifs face à «Dominus Iesus»

Insistance sur la centralité du Christ pour la vie de foi

Beyrouth, 16 octobre 2000 (APIC) Malgré leur divergence sur l’interprétation par les instances romaines des termes «Eglise catholique» et la réduction des Eglises protestantes à de simples «communautés ecclésiales», les protestants de Syrie et du Liban réagissent plutôt favorablement à la déclaration «Dominus Iesus», rapporte le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour». Ils saluent le fait que la déclaration réaffirme la position inchangée de l’Eglise sur la centralité du Christ pour la vie de foi.

L’Eglise évangélique au Liban et en Syrie a adressé au patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, et au cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, une lettre dans laquelle elle apporte son adhésion au contenu théologique de la lettre «Dominus Iesus».

Ne pas placer toutes les religions et philosophies du monde sur un même plan

«Les Eglises évangéliques en Syrie et au Liban apprécient le souci des Eglises catholiques, et du Saint-Siège en particulier, de répéter la position inchangée de l’Eglise au sujet de la centralité du Christ pour la vie de foi. C’est particulièrement important face aux courants philosophiques et théologiques contemporains qui ont semé la confusion au sujet de cette centralité et ont placé toutes les religions et philosophies du monde sur un même plan», peut-on lire dans la lettre citée par «L’Orient-Le Jour».

Toutefois, la lettre de l’Eglise évangélique au Liban et en Syrie regrette que la déclaration du cardinal Ratzinger ne prenne pas acte des progrès effectués sur le plan œcuménique depuis le Concile Vatican II.

Quid des progrès œcuméniques depuis Vatican II ?

«Les Eglises évangéliques en Syrie et au Liban considèrent qu’il est regrettable que la déclaration se soit bornée à répéter la position du Vatican à l’égard des Eglises orthodoxe et protestante adoptée voici 40 ans (…) et ne fasse pas référence aux progrès œcuméniques effectués ces dernières années, et les pas positifs franchis, depuis Vatican II, pour éliminer les obstacles à la pleine communion entre toutes les Eglises». Et le document de rappeler qu’avant Vatican II, l’Eglise catholique considérait les protestants comme des «hérétiques», alors qu’après le Concile, ces Eglises ont été considérées comme des «communautés ecclésiales».

Le dialogue œcuménique se poursuivra entre toutes les Eglises chrétiennes

La lettre des Eglises protestantes de Syrie et du Liban conclut en affirmant que «le dialogue œcuménique se poursuivra entre toutes les Eglises chrétiennes en particulier au Moyen-Orient et que, sans nul doute, il donnera des résultats positifs qui, avec le temps, prépareront la voie à une unité visible de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, en Orient et dans le monde entier».

La déclaration «Dominus Iesus» reprend la distinction de Vatican II sur les Eglises proches de la communion pour avoir conservé l’épiscopat et les sacrements de façon valide (les Eglises orthodoxes, dites «Eglises-sœurs») et les communautés ecclésiales qui n’ont pas la même structure. Sur ce point, les protestants et anglicans ont vivement réagi et la polémique suscitée par ce document du cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi – et explicitement avalisé par le pape Jean Paul II – est loin de s’être calmée. Le dialogue œcuménique et interreligieux, assure-t-on pourtant à Rome, n’est pas du tout remis en cause par ce document doctrinal destiné aux responsables catholiques, en premier lieu aux évêques. (apic/orj/be)

16 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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