Projet start@work en collaboration avec l’Entraide protestante

Bienne: Les sacristains vont former des apprentis qui n’ont pas de place d’apprentissage

Bienne, 19 juin 2008 (Apic) Les Eglises réformées Berne-Jura-Soleure souhaitent offrir une perspective professionnelle aux jeunes qui ne trouvent pas de place d’apprentissage. En décembre 2007, le projet start@work a été lancé en collaboration avec l’Entraide protestante EPER.

start@work est un réseau d’entreprises formatrices qui bénéficie d’une autorisation de formation accordé par l’Office de l’enseignement secondaire du 2e degré et de la formation professionnelle (OSP). Cette année, les paroisses de Bienne et d’Ittigen seront les premières à former des agentes et agents d’exploitation.

C’est en décembre 2007, peu après la décision unanime du Synode de lancer le projet «start@work», que Roland Perrenoud, administrateur de l’Eglise réformée à Bienne, s’est attelé à la création de places d’apprentissage. Avec succès: «Le conseil de la paroisse générale a considéré qu’il était de la mission de l’Eglise de faire concrètement quelque chose contre le chômage des jeunes».

Avec ses Eglises et ses maisons de paroisse, la paroisse bilingue de Bienne offre un large champ d’activités, poursuit Roland Perrenoud. En outre, parmi les sacristains biennois, un certain nombre d’entre eux apportent de leurs emplois précédents une expérience dans la formation d’apprenti(e)s. «Nous sommes donc très heureux de pouvoir offrir une filière d’apprentissage de trois années», déclare l’administrateur. Si la formation est proposée en langue allemande, de bonnes connaissances du français parlé sont évidemment un atout, fait valoir Roland Perrenoud par rapport à la question du profil idéal du ou de la candidate.

A Ittigen, le sacristain Andreas Zürcher, en poste depuis huit ans, se félicite de la perspective de pouvoir compter bientôt quelqu’un d’autre à ses côtés: «La paroisse est vivante. Je serai très heureux de partager toutes les facettes de mon activité et de partager quelques éclats de rire», déclare ce mécanicien de formation.

Faire son apprentissage dans une paroisse? Pourquoi pas?

Une possibilité qui en tout cas n’effraie nullement les jeunes si l’on en juge par les premiers entretiens d’engagement ou semaines d’initiation qui ont eu ou vont avoir lieu, rapporte Christine Büchler, responsable du projet KICK de l’Entraide protestante (EPER) et qui dirige le secrétariat de start@work.

Si les candidats sont majoritairement de sexe masculin, on compte heureusement une jeune femme: «Il s’agit d’une formation variée et exigeante; le nombre relativement élevé de candidatures reçues peu après la publication de l’annonce ne me surprend donc pas», déclare la responsable de l’EPER.

Outre des travaux de réparation et d’entretien, les apprenants acquièrent des connaissances en matière de sécurité d’exploitation, d’électricité et de chauffage mais aussi de jardinage. La préparation de manifestations comme les concerts, les expositions ou d’événements spécifiques à l’Eglise (célébrations de baptêmes, mariages et enterrements) font également partie du bagage du futur agent d’exploitation. Cette profession est évidemment très proche de celle de concierge, explique Christine Büchler. Les futurs apprenants auront affaire aux fidèles mais aussi aux locataires dans les cures et maisons de paroisse et ils acquièrent une approche professionnelle de ces différents «clients».

Une première

«Cet apprentissage est une première sur tous les plans», déclare Christine Büchler. Les situations varient selon le lieu d’apprentissage. Dans certaines paroisses, le rythme de travail est conséquent, dans d’autres, être bilingue est incontournable, ailleurs encore, l’entretien des alentours a plus d’importance. Si l’accompagnement d’apprenants est pour la plupart des sacristaines et sacristains une tâche nouvelle, ces derniers y voient une revalorisation de leur profession.

Les sacristaines formatrices et les sacristains formateurs seront introduits à leur tâche et bénéficieront d’une supervision. Andreas Zürcher attend avec impatience le début de ce travail de collaboration. Pour le sacristain d’Ittigen, la personnalité du jeune en formation est un élément décisif: «les paroissiens aiment bien discuter avec le sacristain à la sortie du culte et il doit avoir cette qualité d’écoute», observe-t-il.

S’il admet ne pas savoir vraiment la charge de travail supplémentaire que représente l’accompagnement d’un(e) apprenant(e), pour le sacristain d’Ittigen, accueillir un jeune et lui offrir une perspective professionnelle est le plus important.

Iris Hofmann, responsable du projet au sein du secteur Diaconie des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, estime que l’arrivée des jeunes apprenants donnera des impulsions nouvelles aux paroisses. Pour la responsable du projet au sein des Eglises réformées, des conditions-cadre idéales ont été créées pour proposer des apprentissages: «les paroisses pourront entièrement se concentrer sur les tâches de formation puisque l’ensemble des travaux administratifs, de l’administration des salaires aux contacts avec les administrations et avec les écoles professionnelles incombe au projet ’start@work’». Et elle estime que l’année prochaine d’autres paroisses suivront les exemples d’Ittigen et de Bienne.

La question des coûts et les dernières infos

Pour la première année de formation, les paroisses doivent compter avec un montant de 1’100 francs de charges mensuelles. Pour les deuxième et troisième années, ce montant est respectivement de 1’200 et 1’600 francs. Outre les frais de salaire et les frais annexes, sont compris dans ce montant l’ensemble des services assurés par le réseau d’entreprises formatrices. A la paroisse de Bienne: un jeune homme commencera son apprentissage au mois d’août. A Ittigen, la procédure de sélection des différentes candidatures reçues est encore en cours. (apic/com/be)

19 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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