Là où le gouvernement reste absent
Birmanie : L’Eglise catholique apporte son aide aux rescapés du cyclone Nargis
Rangoon, 29 octobre 2008 (Apic) Plus de 5 mois après le passage de Nargis, en mai dernier dans le sud de la Birmanie, le cyclone qui a fait plus de 140’000 morts et 2,4 millions de sans-abris selon l’ONU, la plupart des rescapés attendent toujours l’aide internationale, alors que la junte birmane a déjà entrepris de vider les camps de réfugiés.
Depuis le drame, l’Eglise catholique tente de donner les moyens de survivre aux familles laissées sans ressources et qui souvent, ne peuvent plus retourner dans leurs anciens villages dévastés. Le Père Florence Aung Kyaw Oo, secrétaire de l’évêque de Pathein, s’occupe plus particulièrement des secours d’urgence et de l’aide à la réhabilitation, toute une infrastructure mise en place par le diocèse, l’un des plus touchés par la catastrophe, indique Eglises d’Asie.
Le 15 octobre dernier, il a confié à Ucanews qu’en plus de l’aide matérielle apportée aux familles victimes du cyclone, l’Eglise se proposait de reconstruire 29 bâtiments dans le diocèse, dont des églises, des maisons de retraites, des orphelinats et des couvents.
Pour l’heure, le diocèse s’attache à aider les réfugiés sur place, en leur fournissant les bases pour un redémarrage : distribution de plants de riz, d’arbres à noix de bétel, de volailles ou de cochons, achat de bateaux ou de filets de pêche …
Le Père Bonaventure Tay Tay, curé de l’église Saint Jean à Madotgone, cité par Ucanews relève: «L’Eglise prend en charge les moyens d’existence des victimes du cyclone. Elle leur construit des maisons et leur fournit 21 kilos de riz par mois». Chit Ko, un père de famille de 35 ans, a ainsi reçu de Pathein Karuna, le service social de l’Eglise catholique birmane qui équivaut à la Caritas locale, une bicyclette, un bout de terrain et deux cochons : de quoi nourrir sa femme et ses trois enfants. Il projette de «vendre des glaces» avec sa bicyclette et de compléter ses ressources avec un peu d’agriculture vivrière ; des noix de bétel, un poulailler et quelques cochons. Installé désormais dans une petite maison en bambous près de Pathein, il ne veut plus retourner dans son ancien village près de la mer, traumatisé par le souvenir du cyclone. (apic/eda/pr)



