Vers un statu quo possible, qui n’arrangerait pas le pays?

Bolivie: La compagne pour le référendum révocatoire s’achève dans la violence

La Paz, 8 août 2008 (Apic) C’est dans un climat de forte tension que s’est conclue la campagne électorale du référendum révocatoire du mandat du président Evo Morales, de son vice-président, et de huit des neufs gouverneurs départementaux du pays, dont six aux mains de l’opposition conservatrice.

Principale cible d’une campagne médiatique et de coups portés par la droite conservatrice: le président Morales. Ce dernier a fustigé les violentes protestations de ces derniers jours qui ont contraint à l’annulation de la visite des présidents de l’Argentine et du Venezuela à Tarija, dans le sud: Des manifestants on tour leur part bloqué les aéroports de plusieurs villes boliviennes, afin d’empêcher un déplacement du président dans le cadre de sa campagne. Le tout, sur un fond de revendications sociales, de mineurs notamments.

«Les dictatures des années 60-70 sont remplacées par quelques groupes qui occupent les aéroports, les sièges des cours électorales départementales et tirent sur les voitures des ministres», a dit le président en faisant référence à l’épisode peu clair dont a été victime le ministre de la présidence Juan Ramon Quintana: ce dernier a dénoncé que sa voiture a été atteinte mercredi dernier par des coups d’arme à feu tirés par des inconnus et a affirmé que «la Bolivie est sur le point de subir un véritable coup d’état contre l’ordre constitutionnel».

Morales a demandé aux boliviens de «défendre la démocratie. Le référendum sert à faire en sorte que par son vote la populations décide les politiques économiques et choisisse ses dirigeants, mais aussi puisse révoquer les autorités qui ne servent pas la nation».

Dans un pays divisé entre l’occident plus pauvre et proche du gouvernement central de La Paz et l’orient riche en ressources énergétiques et forestières dont les dirigeants poussent à la sécession, les sondages diffusés accordent une majorité au premier président indigène, à hauteur de 59%, largement suffisante pour sa confirmation.

Reste que la plupart des ennemis de Morales pourraient voir eux aussi leurs mandats renouvelés. Un statu quo qui n’est pas sans danger. Et qui pourrait porter le pays vers une guerre civile réelle ou larvée. (apic/misna/arch/pr)

8 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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