Bolivie: Le Sénat bloque la réforme agraire

Le «putsch institutionnel» de l’opposition

La Paz, 23 novembre 2006 (Apic) «Un putsch institutionnel»: c’est en ces termes que le président Evo Morales a qualifié la décision de la coalition de l’opposition ’Podemos’ d’abandonner l’hémicycle du Sénat, où il est majoritaire, pour bloquer l’obtention d’un nombre minimal de voix nécessaires pour adopter la loi de réforme agraire, la ’Ley de Tierras’, indique l’Agence Misna.

«Le Sénat défend les latifundiums improductifs» a répliqué Morales en accusant ’Podemos’ de vouloir maintenir le statut quo dans ce secteur: 80% des terres distribuées ces 10 dernières années par les administrations précédentes sont encore aux mains de 10% des Boliviens. «Il faut que le peuple se rende compte de ce putsch contre le Parlement national et contre la démocratie» a ajouté le président, en précisant que cette manoeuvre politique de l’opposition – qui contrôle 13 des 27 sièges à la chambre haute contre 12 pour le ’Movimiento al socialismo’ (Mas, au gouvernement) – freinera aussi la ratification de 44 nouveaux contrats souscrits en octobre entre le gouvernement Morales et 10 multinationales dans le cadre de la nationalisation des hydrocarbures.

La décision de ’Podemos’ n’a fait qu’aggraver le climat de tension entre l’exécutif et l’opposition, qui porte actuellement sur 3 questions : la ’Ley de Tierras’, à laquelle s’opposent les riches hommes d’affaires des régions orientales, les plus prospères du pays ; l’Assemblé constituante, au sein de laquelle le Mas a récemment établi, sans l’accord de ses adversaires politiques, que la majorité de 50% est suffisante pour approuver les normes de la nouvelle Charte nationale ; la révolte des six gouverneurs (prefectos) qui refusent un projet de loi par lequel le Parlement aura la faculté de les censurer et les destituer et ont annoncé la «rupture des relations» avec le pouvoir central. (apic/misna/pr)

23 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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