Bolivie: Les évangéliques cinq fois plus nombreux qu’en 1980
Nouvelles stratégies pour devenir une «véritable force politique»
Cochabamba, 8 janvier 1999 (APIC) Près d’un million de Boliviens, sur une population de quelque 8 millions de personnes, déclarent appartenir aujourd’hui à l’Eglise évangélique. A en croire les chiffres et les sondages de cette Eglise, les évangéliques sont aujourd’hui cinq fois plus nombreux qu’en 1980. Présence religieuse… mais aussi politique, puisque les fondateurs du premier parti politique évangélique en Bolivie annoncent une nouvelle stratégie pour tenter de renforcer leur action et leur présence.
Selon la direction de l’»Alliance rénovatrice bolivienne» (ARBOL) – le parti en question fondé en 1992 et reconnu un an après par la Cour électorale nationale – le mouvement a servi d’»expérimentation politique» durant ces cinq dernières années. Il aspire désormais à devenir une «véritable force politique», probablement un parti formellement constitué. Les leaders évangélico-politiques assurent qu’ils travaillent déjà en vue des prochaines échéances électorales, communales dans un premier temps.
L’offensive politique des évangéliques, via la stratégie de l’ARBOL, s’explique par la volonté de cette Eglise de parvenir à une reconnaissance juridique égale à celle de l’Eglise catholique. Un vœu largement émis depuis des années déjà, sans succès pour l’heure. Cela malgré les chiffres avancés par les Eglises évangéliques unies de Cochambaba (IEUC), après une enquête sur la présence protestante en Bolivie.
A en croire les estimations des IEUC, basées sur un recensement de 1992, la population de Bolivie, au 31 octobre 1998, était de 8’012’326 habitants, dont un million d’évangéliques déclarés.
D’après l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC), la croissance des Eglises évangéliques a aussi permis à la Société biblique bolivienne d’enregistrer en 1998 une vente record de Bibles. Depuis septembre 1998, la Sociétéé a vendu 140’000 Bibles, surpassant son record précédent de 90’000 Bibles vendues en une seule année.
De nouvelles stations de télévision et de radio destinées à une audience évangélique ont en outre été lancées. Elles retransmettent aujourd’hui quotidiennement des prédications et de la musique chrétienne. En raison de la pénurie de temples, de nombreuses paroisses évangéliques sont obligées de célébrer les services dans des cinémas.
Cambodge: Mgr Destombes favorable à un tribunal international pour les khmers rouges
Pas d’amnistie, dit l’évêque coadjuteur de Phnom Penh
Phnom Penh, 8 janvir 1999 (APIC) «L’Eglise travaille pour la réconciliation, mais cette réconciliation doit reposer sur la vérité, la justice et la reconnaissance de sa responsabilité de la part de celui qui a commis le mal», estime Mgr Emile Destombes, évêque coadjuteur à Phnom Penh, en commentant la question de l’opportunité de faire passer en procès les khmers rouges.
«L’Eglise cambodgienne soutient l’institution d’un tribunal international qui juge les rebelles pour crimes contre l’humanité. Réconciliation oui, mais dans la vérité et dans la justice». Une attitude qui tranche, par rapport à la position de la plus grande partie des évêques chiliens, favorables dans leur majorité, à un retour au Chili du dictateur Pinochet, sans jugement.
Avec Nuon Chea et Khieu Samphan, deux chefs historiques des khmers rouges s’est à nouveau posé la question de la réconciliation nationale et de l’incrimination des déserteurs. La scène politique est divisée: Hun, l’homme fort, a déclaré qu’il voulait «oublier le passé» et les accueillir «en esprit de réconciliation» pour éviter le danger d’une nouvelle guerre civile. Hun Sen est revenu de manière retentissante sur une de ses déclarations publiques précédentes: pendant la visite de l’équipe de l’ONU au Cambodge à la mi novembre, il avait déclaré qu’il était favorable à un procès international.
Selon des observateurs occidentaux, avec ce volte-face, Hun Sen veut renforcer sa position de dirigeant politique, et gagner les bonnes grâces des militaires et des anciens khmers rouges. En outre, plusieurs, anciens dirigeants khmers rouges sont membres du gouvernement. L’un d’eux, Leng Sary, a été amnistié. Hun Sen lui-même, actuel Premier ministre, était un jeune officier khmer rouge; mais il déserta et s’enfuit au Vietnam en 1977.
L’opposition réclame justice, refuse l’amnistie et demande à voix haute un procès. Le Roi Sihanouk lui aussi a refusé officiellement l’idée de l’amnistie: «Compte tenu du mécontentement général du peuple cambodgien, j’annonce que je ne ferai pas usage de mon pouvoir d’amnistie pour les criminels khmers rouges» a-t-il déclaré le 29 décembre.
«Il serait très triste que les khmers rouges parviennent à éviter un procès: comment est-il possible que de grands criminels soient en liberté, et de petits voleurs en prison?» a pour sa part déclaré Thomas Hammarberg, représentant de l’ONU au Cambodge pour les droits de l’homme. (apic/fides/pr)



