Retournement grâce à l’appui de 3 sénateurs de l’opposition

Bolivie: Promulgation de la loi sur la réforme agraire

La Paz, 29 novembre 20056 (Apic) Surprise en Bolivie: en plein affrontement politique entre le gouvernement et l’opposition, le Sénat a approuvé lors d’une session nocturne la ’Ley de Tierras’, la loi de la réforme agraire, à laquelle s’opposent les grands propriétaires terriens des régions orientales.

Cette approbation a été rendue possible grâce à l’appui de trois députés de l’opposition, qui se sont exposés à la colère de cette dernière.

La loi a été immédiatement promulguée par le président Evo Morales, pour la plus grande joie de milliers d’indigènes de diverses zones du pays qui avaient convergé vers La Paz.

La nouvelle norme, déjà approuvée à la Chambre des députés, contrôlée par la majorité, a été votée avec le nombre de voix tout juste nécessaire, soit par 15 des 27 membres du Sénat, déserté par l’opposition «Podemos» et ses alliés depuis la semaine dernière: en plus des 12 sénateurs du ’Movimiento al socialismo’ (Mas) de Morales, deux de «Podemos» – un titulaire et un suppléant – l’ont approuvée ainsi qu’un autre suppléant de la formation de centre droit ’Unidad Nacional’ (Un).

«D’après cette loi, c’est la fin du latifundium en Bolivie.mais nous respecterons les terres productives et légales» a dit Morales, juste avant de partir pour le Nigeria, où le Sommet des chefs d’Etat d’Amérique latine et d’Afrique débutera jeudi.

Le président du Sénat, Santos Ramírez, a fait l’éloge du «geste patriotique» des trois sénateurs de l’opposition, accusés au contraire par leurs propres partis de s’être «vendus». «Podemos» a répété qu’il continuera de bloquer la Chambre haute pour demander que le gouvernement rétablisse la majorité des deux tiers pour l’approbation des articles de la nouvelle Charte nationale, dont la mise au point est en cours à l’Assemblée constituante – dominée par les représentants du Mas – et à s’opposer à un projet de loi qui attribuerait au Parlement la faculté de censurer et destituer les gouverneurs de 9 départements du pays, déjà refusé par les administrations locales. (apic/misna/pr)

29 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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