L’Eglise intègre une commission gouvernementale d’enquête
Bolivie: Travailleurs-esclaves dans le sud du pays exploités par les gros propriétaires
La Paz, 17 avril 2008 (Apic) Le primat de Bolivie, le cardinal Julio Terrazas, a finalement été dans l’obligation de participer à une commission d’enquête chargée de vérifier l’existence de travailleurs en état de servitude. Autrement dit d’esclavage dans les grandes propriétés agricoles du Sud de la Bolivie. La région qui entend se séparer du nord.
Face aux affirmations de deux prêtres, confirmant les dires du gouvernement d’Evo Morales, le cardinal désignera finalement une autorité ecclésiastique pour intégrer une commission composée également de membres du gouvernement.
Le cardinal Terrazas, avait mis en doute les déclarations du gouvernement socialiste de Morales en déclarant dimanche dans son homélie «que l’on nous montre la vérité et que l’on nous dise où les trouver».
La réforme agraire du gouvernement suscite l’opposition des gros propriétaires du sud, et de la région de Santa Crux notamment, qui se heurtent non seulement au gouvernement mais également aux indios guaranis, systématiquement lésés et brimés sous les autres gouvernements. Des affrontements ont du reste eu lieu ces derniers jours, faisant plusieurs blessés. Les hommes de main des gros propriétaires contrôlent toujours plusieurs routes, donc celle menant en Argentine voisine.
Le gouvernement entend désormais vérifier les limites et les titres de certaines propriétés privées.
Un prêtre uruguayen, Walter Aguirre, témoigne avoir passé la semaine dernière avec des gens «traités en esclaves dans l’Alto Parapeti, là ou ont eu lieu les affrontements. Un témoignage confirmé par un anthropologue jésuite, cité par la radio catholique Erbol. Cette servitude «vient du passé, de l’époque coloniale». «Elle subsiste dans la région du Chaco». Selon le gouvernement, au moins un millier de familles vivent en situation de servitude dans le sud-est bolivien. (apic/ag/pr)



