Les évêques appellent au calme
Bolivie: Travaux de l’Assemblée constituante à nouveau suspendus
La Paz, 15 novembre 2007 (Apic) L’Assemblée constituante chargée de rédiger avant le 14 décembre une nouvelle Charte nationale a une nouvelle fois suspendu ses travaux, en raison de nouvelles protestations organisées à Sucre, où l’Assemblée a son siège.
Les travaux de cette dernière avaient déjà été paralysés pendant trois mois. À l’origine des mobilisations, dirigées par les «comités civiques» de Santa-Cruz – la région la plus riche du pays, gouvernée par l’opposition conservatrice et chef de file des revendications sécessionnistes – se trouve toujours la requête de rendre à Sucre son statut de siège du gouvernement que la ville a perdu au cours de la brève guerre civile d’il y a un siècle, au bénéfice de La Paz où sont installés l’exécutif et le Parlement.
«Les garanties de sécurité pour mener à bien nos sessions sont inexistantes. Des comportements radicaux et intransigeants essaient d’entraver le processus de changement», a déclaré la présidente de l’Assemblée, Silvia Lazarte, qui a porté plainte pour insultes et coups et blessures envers plusieurs membres du directoire de l’organisme, dont le Parti Socialiste (Mas), au pouvoir, détient la majorité des sièges.
Pendant ce temps, deux grèves nationales, une de 24 heures des transports publics et une autre des employés de l’aéroport Viru Viru de Santa Cruz, ont paralysé les déplacements dans le pays. Le porte-parole de la présidence, Alex Contreras, a qualifié de «purement politiques» les causes qui se trouvent à l’origine des agitations. Il a réitéré ses accusations contre «les oligarchies de l’est et du sud» – la région connue sous le nom de «Demi-lune» – qui tente de manipuler l’opinion et de déstabiliser le gouvernement.
Intransigeance et esprit de revanche
Un appel à éviter tout recours à la violence a été lancé par les évêques, à l’issue de l’assemblée plénière de la Conférence épiscopale : «Faisons de la Bolivie une maison de frères, pour y vivre et y cohabiter dans la dignité», tel que s’intitule le message adressé par les prélats aux Boliviens, mettant l’accent sur «les lumières et les ombres» du contexte sociopolitique actuel. Un signe d’espoir réside dans «la reconnaissance qu’ils sont en train d’englober au sein de notre société, comme protagonistes et citoyens à plein titre, les peuples indigènes et les secteurs depuis toujours marginalisés».
Les évêques estiment que les changements doivent survenir «dans le respect de la dignité de la personne humaine et de son identité culturelle et religieuse, en sauvegardant la liberté individuelle et collective dans l’exercice des droits et des responsabilités», sans recourir «à la confrontation, à la violence, aux menaces ou aux manipulations de groupes ou de secteurs de la population». Concernant le sort de l’Assemblée constituante, investie en août 2006 sans être encore parvenue à rédiger un seul article, les évêques affirment que les grands espoirs qu’elle a suscités risquent maintenant d’être vains à cause de «la radicalité, l’intransigeance, les intérêts sectoriels et le revanchisme d’un côté comme de l’autre».
Les prélats soulignent encore l’urgence de «récupérer le sentiment de rationalité dans les relations entre Boliviens, en bannissant le recours à la violence qui est presque devenu une pratique courante. à travers le dialogue constructif et sincère». (apic/misna/pr)



