La Paz tente de renouer le dialogue
Bolivie: Un prêtre contre l’autonomie de Santa Cruz a été lâchement agressé
La Paz, 22 mai 2008 (Apic) Un prêtre a été lâchement agressé pour s’être prononcé contre l’autonomie de la région riche et séparatiste de Santa Cruz. Pendant ce temps, La Paz tente de renouer un dialogue bien difficile avec une opposition bien décidée à jouer la carte du trouble et de l’affrontement.
Une «réconciliation politique» qui puisse porter à «l’harmonisation du projet de la nouvelle Constitution aux statuts autonomistes des départements» : il s’agit, conformément aux espoirs du gouvernement, de l’objectif du dialogue convoqué mercredi à La Paz entre les principales forces politiques du parlement (Mas, au pouvoir, Podemos, Un et Mnr à l’opposition) par le vice-président de la République, Álvaro García Linera. L’opposition conservatrice a toutefois révélé qu’elle y participera non pas pour relancer les colloques mais pour poser ses conditions.
C’est dans ce climat tendu qui règne en Bolivie, suite à la victoire du «oui» au référendum sur l’autonomie du 4 mai dernier dans la riche province orientale de Santa Cruz – référendum déclaré illégal par le gouvernement – et en prévision du référendum révocatoire des mandats du président et des gouverneurs des neuf départements du pays, que «Radio Erbol» a signalé un grave épisode de violence dénoncé dimanche par Mgr. Carlos Stetter, évêque de San Ignacio de Velasco, dans la région de Santa Cruz.
D’après la reconstitution des faits fournie par la radio, samedi, le président du Comité Civique de di San Ignacio, Carmelo Gómez, trois de ses collaborateurs et le chef indigène Justo Mercado, ont agressé et brutalement battu un prêtre de la paroisse San Martín, à San Ignacio, Père Adalid Vega Veizaga.
Le religieux a été interpellé dans la rue, violemment battu, avant d’être laissé à terre pratiquement inconscient, en raison de sa position défavorable au référendum sur l’autonomie et parce qu’il est accusé d’avoir fait campagne électorale pour l’abstention. Dans les prochaines heures, une plainte formelle sera présentée contre l’agression, qualifiée d’»exécrable» par le «défenseur du peuple», Waldo Albarracín : «Personne ne peut en venir à commettre ce genre d’actes violents et illégaux qui doivent être élucidés et punis», s’est insurgé ce dernier. (apic/misna/pr)



