En Bosnie, le droit à la liberté religieuse continue d’être violé
Bosnie-Herzégovine: Rencontre entre responsables catholiques, orthodoxes et musulmans
Bihac/Sarajevo, 6 décembre 1998 (APIC) Dans certaines régions de la Bosnie-Herzégovine, le droit à la liberté religieuse continue d’être violé et les chefs religieux ont toutes les raisons de craindre pour leur vie, constatent des responsables catholiques, orthodoxes et musulmans de la Krajina bosniaque, annonce mercredi l’agence de presse catholique croate IKA. Les autorités locales empêchent dans maints endroits le retour des personnes chassées par la guerre et la politique de «nettoyage ethnique» .
Dans une déclaration commune adoptée lundi, les religieux interpellent les autorités à tous les niveaux afin qu’elles protègent «de façon décidée et crédible» les droits fondamentaux de l’homme et du citoyen, y compris le droit à la liberté religieuse et le retour des personnes déplacées. Ils demandent que l’on dépasse la haine et que l’on restaure le plus rapidement possible l’Etat de droit dans toutes les parties de la Bosnie. La rencontre tripartite vient de s’achever à Bihac, où elle s’est tenue sous les auspices de la Conférence mondiale des religions pour la paix.
Permettre le retour des personnes chassées par le «nettoyage ethnique»
L’Eglise catholique était représentée à la rencontre de Bihac par Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, la communauté musulmane par le Mufti Hasan Makic, de Bihac, et l’Eglise orthodoxe serbe par l’évêque de Bihac-Petrovac, Hrizostom Jovic. Les responsables religieux demandent que les conditions soient créées pour permettre le retour dans leurs lieux d’origine des pasteurs et des fidèles des diverses communautés et la restitution de leurs biens. Concrètement, ils réclament le droit au retour des imams de Prijedor, Kozarac, Bosanski Novi et Banja Luka et de tous les autres lieux dont ils ont été expulsés; le retour des prêtres orthodoxes serbes de Bihac, Bosanski Petrovac, Drvar, Livno, Bosansko Grahovo et Glamoc. Les prêtres catholiques chassés de Prijedor, Bosanski Novi, Bosanska Kostajnica et de la région de Banja Luka devraient également pouvoir desservir leurs lieux de culte.
Les participants au meeting de Bihac ont lancé un appel à toutes les autorités religieuses afin qu’elles travaillent de façon intense avec leurs fidèles en vue «du pardon, de la réconciliation, de la tolérance et de l’amour». Ils ont encore rappelé le sort de deux prêtres catholiques disparus, les Pères Tomislav Matanovic et Ratko Grgic, enlevés à Prijedor et dont on est toujours sans nouvelles. Même les morts ne sont pas épargnés: à Banja Luka, le Mufti Ibrahim Halilovic n’a pu être enterré dans l’enceinte de ce qui fut la mosquée Ferhad-Pacha, dynamitée pendant la guerre. Les orthodoxes serbes ont également subi l’incendie d’une partie du monastère de Glamoc, qui remet en cause la présence des moines dans ce lieu sacré. (apic/ika/be)



