La voix de l’Eglise ignorée dans les négociations
Bosnie: Les évêques catholiques toujours opposés à la partition (140194)
Mémorandum remis au président croate Franjo Tudjman
Zagreb, 14janvier(APIC) Les responsables des quatre diocèses catholiques
de Bosnie-Herzégovine, remettant un mémorandum au président croate Franjo
Tudjman à Zagreb, déplorent une nouvelle fois la partition de la BosnieHerzégovine et regrettent que la voix de l’Eglise ait été ignorée dans les
négociations. Le président croate n’est pas épargné par les critiques des
évêques bosniaques.
Les évêques, dans leur mémorandum remis mercredi au président croate,
reprochent en substance aux négociateurs, dont le leader de la partie croate est Franjo Tudjman, d’avoir donné leur aval au dépeçage territorial de
la Bosnie. Les responsables des diocèses bosniaques soulignent tout d’abord
que dès le début, ce conflit a été une guerre d’agression contre la République de Croatie et la République de Bosnie-Herzégovine. A de nombreuses
reprises, l’Eglise catholique en Bosnie a lancé des appels pour un cessezle-feu immédiat, la négociation et le dialogue. Surtout, elle s’est fermement opposée à la conquête de territoires par la force et à la «purification ethnique».
Les évêques de Bosnie se sont exprimés à de nombreuses reprises en
faveur de l’intégrité territoriale de leurs diocèses et de leur Etat. Ils
ont fermement désapprouvé la disparition de la plupart des populations
croates et de l’Eglise de ces territoires. Ils mettent en garde contre
l’acceptation de la division du pays qui est proposée, trois centres de
diocèses, deux écoles théologiques, des séminaires diocésains et
franciscains ainsi que les sièges de trois provinces de religieuses
seraient ainsi situées à l’extérieur des territoires croates.
L’Eglise catholique en Bosnie-Herzégovine a particulièrement souffert de
la guerre: dans l’archevêché de Sarajevo, sur 500’000 catholiques, 350’000
ont été chassés par la guerre ou ont dû fuir; sur 144 paroisses, 100 sont
occupées et la plupart détruites. Dans le diocèse de Banja Luka, plus de la
moitié des 120’000 catholiques ont été forcés de quitter leurs paroisses.
Sur 47 paroisses, 40 sont sous contrôle serbe et 2 sous contrôle musulman.
Dans les diocèses d’Herzégovine, à Mostar et Trebinje, sur 210’000 catholiques, 30’000 ont déjà dû prendre le chemin de l’exil, tandis que 20 paroisses sur 81 sont occupées. (apic/ika/be)



