En Bosnie-Herzégovine prévaut la loi du plus fort et du plus brutal
Bosnie: Lettre des évêques de Bosnie-Herzégovine aux signataires de l’Accord de Dayton
Sarajevo, 16 mai 2001 (APIC) Les membres de la nation croate en Bosnie-Herzégovine sont toujours soumis à des sévères discriminations, écrivent les évêques catholiques de Bosnie-Herzégovine. Dans une lettre ouverte adressée aux pays signataires de l’Accord de Dayton, les responsables catholiques affirment qu’en Bosnie-Herzégovine prévaut la loi du plus fort et du plus brutal. Ils réclament la pleine égalité de la nation croate au sein de l’entité bosniaque.
Dans leur lettre ouverte, les prélats dénoncent – «quelle que soit l’identité de ceux qui commettent ces actes» – l’anarchie, le non respect de la loi, la violence et les abus de pouvoir de la part des autorités publiques» qui prévalent en Bosnie. Les évêques catholiques affirment élever leur voix au nom du «respect de l’inviolabilité de la dignité humaine et des droits humains et civils fondamentaux, et des libertés, personnelles et nationales».
Les Croates, principales victimes des injustices
Les prélats déplorent «avec tristesse» que leurs récents appels pour mettre un terme à l’anarchie et à la violence et pour corriger les injustices commises durant et après la guerre sont généralement restés sans effet. «En Bosnie-Herzégovine prévaut malheureusement encore la loi du plus fort et du plus brutal, non pas la loi de la vérité et de la justice», notent les évêques. Qui précisent que ceux en pâtissent le plus sont les membres de la nation croate, la plus petite des trois entités ethniques qui composent la Bosnie-Herzégovine.
Dans leur lettre aux pays signataires de l’Accord de Dayton, les prélats rappellent que la question nationale des Croates en Bosnie-Herzégovine n’a pas encore été résolue qu’un nombre extrêmement petit de Croates ont pu retourner dans leurs habitations d’avant la guerre. Ce droit au retour est entravé par les obstacles clairement mis par les autorités locales, spécialement dans l’entité serbe de la «Republika Srpska», qui comprend la moitié du pays (bien que les Serbes ne constituent que le 31% de la population).
Sur 220’000 réfugiés ou déplacés croates, seuls 3’845 ont pu retourner chez eux
Sur les 220’000 réfugiés ou déplacés croates, seuls 3’845 avaient pu retourner chez eux jusqu’à la fin de l’an 2000. Les évêques regrettent le manque d’assistance légale, politique ou matérielle de la part de la communauté internationale en ce qui concerne le retour des Croates chassés par les combats. Ils critiquent sévèrement les «décisions injustes et le comportement de responsables officiels de la communauté internationale» en Bosnie-Herzégovine. Ils les accusent d’avoir «découragé les Croates qui voulaient retourner dans les maisons qu’ils habitaient avant la guerre et en ont effrayé de nombreux autres vivant actuellement en Bosnie-Herzégovine, les poussant ainsi à émigrer.»
«Partialité» du Tribunal pénal international de La Haye
S’ils soutiennent les poursuites légales contre tous ceux qui ont commis des crimes, les évêques catholiques de Bosnie-Herzégovine soulignent la «partialité» du Tribunal pénal international de La Haye. Ce tribunal lance des poursuites contre des Croates «tandis qu’en général il omet de poursuivre les auteurs de crimes commis contre les Croates». Les évêques catholiques réclament finalement la pleine égalité de la nation croate parmi les trois nations présentes sur le territoire de Bosnie-Herzégovine.
Cet appel est signé par le cardinal Vinko Puljic, président de la Conférence des évêques catholiques de la Bosnie-Herzégovine et archevêque métropolitain de Sarajevo, ainsi que par l’évêque de Mostar-Duvno et Trebinje-Mrkan, Mgr Ratko Peric, l’évêque de Banja Luka, Mgr Franjo Komarica, et l’évêque auxiliaire de Sarajevo, Mgr Pero Sudar. (apic/ika/be)



