Prendre au mot la présidente Biljana Plavsic

Bosnie: Minorités sans droits de l’homme dans la Republika Srbska, déplore Mgr Komarica

Bonn, 29 octobre 1997 (APIC) Les minorités non serbes ne jouissent pas des droits de l’homme dans la Republika Srbska, déplore Mgr Franjo Komarica, évêque catholique de Banja Luka. Mgr Komarica a réclamé sur les ondes de la radio «Deutsche Welle» un engagement international plus ferme pour faire respecter les Accords de Dayton dans l’entité serbe de Bosnie. Mgr Komarica est à Bonn, où il a rencontré mardi des responsables politiques allemands.

L’évêque catholique de Banja Luka, place forte des Serbes de Bosnie occidentale, affirme que les minorités croates et musulmanes de Bosnie restées dans l’entité serbe se sentent abandonnées tant de l’ensemble des politiciens de Bosnie-Herzégovine que de la communauté internationale. Pour les non Serbes de la Republika Srbska, il n’y a pas de droits de l’homme, dit-il. Et de réclamer un engagement plus énergique de la République fédérale allemande pour l’instauration d’un Etat de droit en Bosnie-Herzégovine.

«Nous attendons que l’on nous restitue les droits de l’homme, que ce soit le droit au retour dans nos foyers, le droit au travail, le droit à l’égalité de traitement, le droit à l’éducation pour nos enfants, le droit au libre exercice de notre religion», a lancé Mgr Komarica. L’évêque de Banja Luka se déclare très déçu par les responsables politiques de la communauté internationale.

Ces derniers attachent une grande valeur au respect des droits de l’homme dans leur propre pays, mais aux yeux de beaucoup appliquent à l’évidence la règle de deux poids et deux mesures quand il s’agit de la Bosnie-Herzégovine. Mgr Komarica vise en premier lieu les pays du groupe de contact sur la Bosnie: Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne. Ce groupe, estime l’évêque, n’agit pas de faççon unie et, visiblement, pas tous ses membres se situent de façon claire derrière les Accords de Dayton.

A propos de la présidente de la Republika Srbska, Biljana Plavsic, en opposition ouverte avec les «durs» de Pale manipulés dans l’ombre par Radovan Karadzic, l’évêque de Banja Luka est d’avis que les faits doivent maintenant suivre les mots, «c’est-à-dire qu’elle doit autoriser tout un chacun qui veut retourner dans le territoire de la Republika Srbska à le faire et qu’elle le reconnaisse comme citoyen de la République». (apic/kna/be)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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