Botswana: Après un interminable procès déclarant leur expulsion anticonstitutionnelle
Le «Premier peuple du Kalahari» rayonne
Gaborone, 14 décembre 2006 (Apic) Après que la Haute Cour de justice eut retenu comme»illégale et anticonstitutionnelle» l’expulsion de leurs terres ancestrales, les Bushmen exultent.
«De la joie. Rien d’autre»! Le porte-parole de l’organisation «Premier peuple du Kalahari», Jumanda Gakelebone, s’est entretenu au téléphone avec l’agence catholique italienne MISNA. Lui-même et des centaines de Bushmen ont accueilli dans la liesse la sentence de la Haute Cour de justice qui a retenu «illégale et anticonstitutionnelle» leur expulsion de leurs terres ancestrales de la Réserve centrale du Kalahari.
L’arrêt touche également la destruction d’un puits d’eau, l’interruption de livraisons de nourriture et l’interdiction de chasser qui leur avait été imposés.
Jumanda Gakelebone, 32 ans, né et ayant grandi dans le désert du Kalahari, a été chassé de chez lui en 2002 avec ses parents et un millier d’autres Bushmen. Tous ont été transférés dans l’un des camps de relogement préparés par le gouvernement de Gaborone. «Au cours de ces quatre dernières années, j’ai vécu à New Xade. Beaucoup d’entre nous sont tombés malades et sont morts en attendant le verdict, tandis que ceux qui ont refusé de s’éloigner de la réserve ou qui ont pu y retourner malgré l’interdiction, ont été réduits à la famine. Cela à cause des interdictions de chasse et de la suspension des rations de vivres» raconte Jumanda à MISNA.
«Ce soir nous allons faire la fête, puis nous allons repartir sur nos terres, peut-être dès demain si possible» ajoute-t-il. «Le verdict reconnaît le droit des Bushmen à rentrer immédiatement sur leurs terres mais il faudra encore négocier les termes de ce retour avec le gouvernement. Une militante de Survival International, l’organisation internationale de soutien aux peuples tribaux, qui a soutenu les Bushmen durant tout le procès, ne compte pas baisser les bras avant la fin de la réalisation du processus de restitution. Le procès entamé en 2002 fut le plus long et le plus coûteux de l’histoire du Botswana. (apic/misna/vb)




