Le gouvernement à nouveau su la sellette
Botswana: Le peuple Bochiman poursuit sa lutte pour la reconquête de ses terres
Gaborone, 4 novembre 2004 (Apic) Après une interruption de trois mois, les auditions dans le cadre d’une cause intentée par un groupe de Bochiman, «Gana» et «Gwi», un peuple ancien du désert du Kalahari, au Botswana, contre le gouvernement du président Festus Mogae (à peine réélu) viennent de reprendre.
Le groupe des 243 Bochimans et leurs familles demandent de pouvoir retourner sur leurs terres ancestrales dans la «Central Kalahari Game Reserve» (Ckgr), après avoir été contraints de les abandonner entre 1997 et 2002, lorsque le gouvernement a progressivement suspendu la distribution des services essentiels et surtout la fourniture en eau.
Le procès, qui se tient à la cour de Lobatse (à 60 kilomètres de la capitale Gaborone), avait été interrompu en août dernier en raison de difficultés techniques et par manque de fonds. Selon les avocats qui défendent l’ethnie africaine, le procès devrait se conclure d’ici un mois.
Les Bochimans du Kalahari sont parmi les populations d’Afrique australe les plus antiques. Cette ethnie a été pendant longtemps l’objet de discriminations et de pressions pour la contraindre à quitter la réserve créée durant le pouvoir colonial britannique en 1961 avec l’intention de protéger les populations indigènes et l’environnement.
Les Bochimans ont été évacués de force de leurs maisons et installés dans des camps en dehors de la réserve, où ils ne peuvent plus mener leur style de vie traditionnel de chasseurs, récolteurs et dépendent entièrement des aides et des services publics.
Le gouvernement a toujours soutenu que leur transfert avait pour but de favoriser le développement social des Bochimans. Ce qui n’est pas l’avis des organisations pour les droits de l’homme, qui estiment que cette évacuation sert avant tout l’intérêt du gouvernement d’exploiter librement la réserve pour le tourisme ainsi que les mines de diamants présentes dans la zone.
Pour une dizaine d’éleveurs
A cause de cette politique – à moins que ce soit en dépit d’elle -, la possession du bétail et l’accès aux pâturages sont devenus en fait l’apanage de quelques privilégiés. Au cours de ces deux dernières années, la plus grande partie du «désert» de Kgalagadi (Kalahari), qui, avec une superficie de 200’000 km2, occupe près de la moitié du pays, a été divisée en «ranchs» entourés de clôtures n’appartenant pas à plus de dix personnes.
Le désert de Kgalagadi n’est pas un désert de sable, mais – comme le savent ceux qui ont vu le film «Les dieux sont tombés sur la tête» – une garrigue ténue, à pluviosité limitée, soutenant toutes sortes de troupeaux et des groupes de nomades San ou Bochiman, chasseurs infatigables qui vivent du produit de leur chasse et de la récolte des fruits et des racines sauvages.
Le premier résultat visible de la construction de ces clôtures a été d’empêcher les troupeaux de se déplacer librement en quête de pâturages. Beaucoup n’ont pas survécu, menaçant ainsi la subsistance des Bochiman, dont la survie dépendait de ces animaux. La réponse «bénéfique apportée au «problème San» fut d’intensifier les efforts jusque là plutôt timides pour les persuader d’adopter un style de vie plus sédentaire. Tous les nomades San restant furent groupés dans un camp installé près de la ville de Ghanzi, au nord-ouest du pays. (apic/misna/arapic/pr)



