L’appel pressant d’associations belges des droits de l’homme

Brazzaville: La guerre prend de graves proportions au Congo-Brazzaville

Bruxelles, 6 octobre 1997 (APIC) «La République du Congo est complètement détruite. Les journalistes y sont interdits et les secouristes, quand le calme revient pour quelques moments, risquent leur vie pour soigner les victimes à l’hôpital dans les faubourgs de Brazzaville. Les combats redoublent d’intensité, mais la communauté internationale ne semble pas se soucier de cette tragédie». Tel est l’appel lancé le 3 octobre à Bruxelles par quatre organisations belges qui défendent les droits de l’homme: Pax Christi Flandre, Solidarité Mondiale, la Commission Justice et Paix et l’association flamande pour le Carême de Partage, Broederlijk Delen.

Fin septembre, une semaine de la Paix a démarré dans la capitale voisine de Kinshasa, et plusieurs chrétiens congolais l’ont entamée dans la prière et dans l’inquiétude. «A trois kilomètres de notre chapelle, les combats font rage au Congo-Brazzaville. Je me mets à la place de ceux qui sont là-bas et qui savent que l’on parle très peu d’eux dans le monde. J’ai l’impression qu’ils disposent de nouvelles armes. A entendre la violence des combats, le contraire m’étonnerait», confiait le 29 septembre un témoin de Kinshasa. Pour les quatre associations qui ont lancé leur appel depuis Bruxelles, les témoins qui lancent leurs cris depuis Kinshasa clament «leur déception devant l’absence de réaction de la part de la communauté internationale». Or, le 2 octobre, on a compté quinze morts à Kinshasa. Plusieurs obus sont tombés tout près de la Société pétrolière nationale et dans le quartier résidentiel de Binza. La bataille qui fait rage de l’autre côté du fleuve tend à réduire Brazzaville en centres, tandis que des Congolais se réfugient par centaines de Brazzaville vers Kinshasa, fuyant les combats qui opposent depuis le 5 juin les partisans de l’ancien président Denis Sassou Nguesso et de son successeur Pascal Lissouba.

Les associations catholiques flamandes pour la paix et la justice «en appellent à la communauté internationale pour que tout soit mis en oeuvre dans le but de mettre fin à ce conflit», car la population «est la première victime, innocente, oubliée de tous est sacrifiée». Mais ne s’agit-il pas simplement d’un conflit entre bandes rivales ? «Raisonnement macabre», réplique-t-on à la Commission Justice et Paix comme à Pax Christi : «Les pays occidentaux ne sont pas étrangers à ce conflit. Les armes avec lesquelles les Congolais sont fauchés ou mis en fuite proviennent de nos pays. Entre autres, du matériel militaire abandonné sur place par les paras belges rentrés au pays à la fin mai. Mais aussi de la France, qui a fourni des armes aux belligérants. Des indices sérieux laissent aussi penser que des intérêts pétroliers de sociétés internationales sont en jeu dans cette sinistre comédie guerrière».

Appel à la Belgique

Pax Christi Flandre, Solidarité Mondiale, la Commission Justice et Paix et Broederlijk Delen exigent des autorités belges «qu’elles prennent d’urgence des initiatives et entreprennent des démarches effectives pour faire cesser ce conflit». Les quatre associations réclament aussi «des pressions de plus en plus fortes pour empêcher toute implication des sociétés internationales dans ce conflit». Fin septembre, le président du Conseil de Sécurité de l’ONU, M. Richardson, se disait opposé à l’envoi d’une force de la paix. Cette attitude fait bondir les associations belges: «C’est la politique du laissez-faire et du laissez-passer !» Ces associations, au contraire, insistent : «L’Occident ne peut se laver les mains. Le commerce des armes avec cette région doit cesser immédiatement. Il faut que le gouvernement belge interdise tout trafic d’armes à destination de cette région et qu’il mette les autres pays européens sous pression en vue de trouver une solution négociée à ce conflit». (apic/cip/ba)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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