Brazzaville: Un prêtre captif des rebelles «ninjas» depuis le 31 mars
Inquiétude pour sa santé
Brazzaville, 22 avril 2002 (APIC) Un prêtre de la Congrégation des Pères Spiritains est aux mains des rebelles «ninjas» depuis le jour de Pâques, dimanche 31 mars, indique lundi 22 avril l’Agence Misna, citant des sources religieuses contactées à Brazzaville (sud de la République du Congo).
Le Père Jean Guth, curé de la paroisse de Mayama, à 80 kilomètres nord de la capitale, a été intercepté par les rebelles alors qu’il tentait de regagner sa paroisse depuis Kindamba (une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Mayama).
Selon l’agence missionnaire, le prêtre a été blessé et souffre notamment d’un tendon sectionné. «On est sans nouvelle de lui depuis plusieurs jours et nos interlocuteurs pensent que les miliciens, partisans de l’ancien Premier ministre Bernard Kolélas, le retiennent prisonnier dans la zone de Kindamba, le contraignant à les suivre dans leurs déplacements».
En début de semaine, des agents humanitaires ainsi qu’un journaliste français devaient se rendre par avion de Brazzaville à Kindamba pour tenter de retrouver le religieux disparu. Mais à la dernière seconde, rapporte Misna, un contre ordre des autorités a interdit le décollage.
Le Père Guth, un Normand d’origine alsacienne (France), est âgé de 63 ans. Il oeuvre depuis 1967 au Congo, où il a vécu dans un premier temps dans la région du Pool (arrière pays de Brazzaville), puis au nord du pays, pour se rapprocher à nouveau de la capitale où il a fondé, en 1994, la paroisse de Mayama.
La région du Pool est le théâtre de troubles depuis la fin du mois de mars. Des combats y opposent en effet les miliciens «ninjas» aux soldats réguliers depuis que les rebelles ont enfreint la trêve le 2 avril en attaquant un train de la ligne Pointe-Noire (premier port du pays et capitale économique) – Brazzaville.
Depuis, la liaison de cette ligne ferroviaire est interrompue pour raisons de sécurité. Tous les habitants des villages proches de la voie ferrée ont abandonné les lieux pour se réfugier soit dans la capitale, soit sur les routes et villages éloignés du chemin de fer. Les délégations humanitaires arrivées dans la capitale, envoyées entre autres par Caritas et les Nations Unies, demandent la création de sites d’accueils pour les déplacés, quelque 30’000, selon Caritas. (apic/mna/pr)




