Brésil : 9e Assemblée du COE
Abandonner une forme «pétrifiée» d’oecuménisme
Porto Alegre, Brésil, 16 février 2006 (Apic) Le président du Comité central du COE, le catholicos Aram 1er, de l’Eglise apostolique arménienne, a déclaré lors d’une conférence de presse tenue le 15 février : « Nous sommes à un point critique ». Faisant allusion à la pétrification de l’institution.
En présentant son rapport devant la neuvième Assemblée du COE réunie à Porto Alegre, au Brésil, du 14 au 23 février, le catholicos Aram 1er président du Comité central du COE a lancé : « Je constate un fossé croissant entre les institutions oecuméniques et de nouvelles formes d’oecuménisme qui émergent. »
Le COE, qui a été fondé en 1948 an vue de promouvoir l’oecuménisme – en quête de l’unité chrétienne – compte aujourd’hui plus de 340 Eglises membres, représentant principalement les traditions protestante et orthodoxe, mais selon le président du Comité central, l’organisation doit abandonner « une forme gelée, ossifiée, pétrifiée, d’oecuménisme ».
Un ordre du jour « suranné »
Dans son allocution à l’Assemblée, le catholicos Aram a souligné que l’ordre du jour oecuménique « dans une large mesure, est suranné et ne correspond plus aux besoins et préoccupations d’aujourd’hui. L’oecuménisme institutionnel s’est préoccupé de ses propres problèmes et, de ce fait, a perdu de vue les questions que les Eglises doivent affronter. »
Le président du Comité central a aussi constaté que le mouvement oecuménique est devenu « un espace où se font jour des tensions et des aliénations nouvelles ». Selon les observateurs, il s’agissait là d’une référence aux controverses au sein des Eglises sur des questions comme l’homosexualité ainsi que les divergences entre les Eglises membres protestantes et orthodoxes.
« De nombreuses Eglises font de l’oecuménisme une interprétation erronée; elles l’identifient au libéralisme et au sécularisme. De ce fait elles craignent qu’il ne menace l’enseignement moral de l’Eglise, a fait remarquer le catholicos Aram.
Aux journalistes, le président du Comité central a affirmé que l’oecuménisme doit passer par un processus de transformation. « Nous commencions juste à examiner le rôle, la forme et les priorités du COE », a-t-il dit, « mais nous devons répondre par un renouveau, une transformation de notre vie commune » (apic/eni/vb)




