Impunité pour les tortionnaires

Brésil: AI dénonce la persistance de la torture dans le pays

Londres/Lausanne, 9 8 mai 2001. Amnesty International dénonce la persistance de la torture au Brésil. Et l’impunité des tortionnaires.

AI continue à recueillir régulièrement des informations faisant état de personnes sauvagement torturées par des représentants de l’Etat brésilien qui demeurent impunis dans la plupart des cas. Au moment où pour la première fois une délégation du gouvernement brésilien s’apprête à se présenter devant le Comité des Nations Unies contre la torture à Genève, Amnesty International appelle les autorités brésiliennes à respecter la Convention contre la torture que le Brésil a signée il y a onze ans.

Selon AI, des personnes sont sauvagement torturées par des représentants de l’Etat au moment de leur arrestation, dans des postes de police et dans des établissements pénitentiaires, y compris dans des centres de détention pour mineurs. Au Brésil, assure l’organisation, la torture est couramment utilisée pour extorquer des «aveux», pour dominer, humilier et soumettre des détenus, ou, de plus en plus souvent, pour extorquer de l’argent ou permettre à des policiers corrompus de mener à bien des entreprises illégales. En outre, pour certains membres des forces de l’ordre, dont la formation et les ressources sont souvent insuffisantes, la pratique qui consiste à arracher des «aveux» sous la torture s’est substituée de fait aux méthodes professionnelles et scientifiques d’investigation.

Ratification de façade

La majorité d’entre elles sont des suspects de droit commun détenus, issus pour la plupart des catégories sociales les plus défavorisées en termes de revenus et d’éducation, et appartenant souvent à la communauté afro-brésilienne. Il est exceptionnel que ces personnes aient la possibilité de signaler les supplices dont elles ont été victimes, ou de bénéficier de l’assistance médicale et judiciaire dont elles ont besoin. Les quelques dénonciations de ces agissements donnent rarement lieu à des enquêtes exhaustives et, a fortiori, à des poursuites judiciaires engagées aux termes de la Loi relative à la torture.

Onze ans après la ratification par le Brésil de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les pratiques prohibées par cet instrument international sont toujours généralisées et systématiques dans ce pays, et ceux qui s’y livrent demeurent impunis dans la plupart des cas. Amnesty International a fait ce constat affligeant alors qu’une délégation du gouvernement brésilien s’apprête pour la première fois à se présenter devant le Comité des Nations unies contre la torture, à Genève.

Amnesty International appelle le Comité à procéder à un examen approfondi de ces pratiques. (apic/com/pr)

9 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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